Le monnayage des Serdaioi revisité moreRevue Numismatique, vol. 166, 2010. |
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Louis Brousseau*
Le monnayage des Serdaioi revisité1
Résumé – Les monnaies des Serdaioi ont longtemps été mal identifiées en raison du peu d’indices à disposition. Depuis la découverte d’une importante inscription en 1960, où leur nom apparaît pour la première fois, il est largement admis qu’elles proviennent de Grande Grèce, mais il y a toujours des partisans pour un rattachement à la Sardaigne. Cette étude reprend le dossier numismatique et ajoute six nouveaux exemplaires aux dix déjà connus, dont une drachme, dénomination jusqu’alors inédite pour ce monnayage. Celle-ci viendra appuyer l’hypothèse d’une attribution à la Grande Grèce. L’ensemble des monnaies des Serdaioi sera analysé, en particulier l’hémiobole à la légende SERD pour laquelle une nouvelle identification sera proposée. Ensuite, nous analyserons l’inscription et les problèmes de son interprétation et la chronologie du monnayage sera précisée. Summary – The discovery of an important inscription in Olympia in 1960 has revealed the Serdaioi. They have then been associated with a rare coinage which had until then uncertain identification. From this time, they have been attributed to Southern Italy, but others still persist to relate them to Sardinia. This study will re-examine the numismatic documentation and will add six new coins to the ten already known. One of them is a drachm, a value which was previously unknow for this coinage. It will be used to support the attribution to Southern Italy. All the coins will be analysed, in particular the hemiobol with the legend SERD whose attribution to the Serdaioi will be disputed. Finally, we will analyze the inscription and its problems of interpretation and we will propose a more precise chronology for the coinage.
Les Serdaioi ont émergé de l’oubli par la découverte d’une importante inscription à Olympie lors des fouilles de 19602. Le document, vraisemblablement trouvé près du thesauros des Sybarites, fait connaître un traité entre Sybaris, leurs alliés, les Serdaioi, et dont Zeus, Apollon et la cité de Poseidonia sont témoins (ou garants). Ce traité, sans doute le plus ancien connu du monde grec, a largement été commenté depuis sa publication. Le texte soulève plusieurs problèmes dont le principal réside dans l’identification et la localisation des Serdaioi. Ces derniers ont alors été judicieusement mis en relation par l’éditeur de l’inscription avec de rares monnaies portant la légende MEP (SER) jusqu’alors d’attribution incertaine. La publication de E. Kunze a dès lors relancé le débat sur ces monnaies qui ont longtemps été mal identifiées en raison du peu d’indices à disposition. Désormais, la relation entre ce monnayage et les Serdaioi de l’inscription est largement admise, en particulier depuis l’identification d’un
* Docteur de l’Université Paris IV-Sorbonne. Courriel : louis.brousseau@gmail.com. 1. Cet article a fait l’objet d’une communication au XIVe Congrès International de Numismatique de Glasgow en septembre 2009. 2. Kunze 1961, p. 207-210, pl. 86,2. Trouvée le 19 mars 1960, inventaire B 4750, l’inscription fut publiée à maintes reprises. Voir DuBois 2002, p. 36 (Sybaris no 12) pour l’abondante bibliographie correspondante.
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exemplaire portant une légende MEPD (SERD) sensée avoir clos le débat. Cependant, la localisation des Serdaioi est toujours discutée. Nous nous intéresserons en premier lieu à l’analyse de la documentation numismatique, à laquelle de nouveaux exemplaires seront ajoutés, puis dans un second temps à l’inscription et aux problèmes de son interprétation, puis finalement nous aborderons le problème de la localisation des Serdaioi. La documentation numismatique Les premières monnaies découvertes furent les statères conservés à Londres et à Paris. Celui du British museum (figure 1) est la seule monnaie des Serdaioi dont nous connaissons la provenance : le trésor de Calabre (IGCH, 1887), trouvé à Roggiano Gravina en 18633 et généralement daté vers 470 av.4 Quant au statère de Paris (figure 2), appartenant à la collection du duc de Luynes, même si sa provenance exacte n’est pas connue, sa trouvaille est beaucoup plus ancienne. Le duc mentionne avoir acquis lui-même la monnaie à Naples d’un marchand calabrais en 18535. Cela dit, l’importance de cette mention est très relative puisque comme l’a remarqué F. Panvini Rosati, J. Eckhel connaissait déjà la monnaie en 17926. Cet exemplaire, auparavant publié par J. Chr. Rasche en 1788, qui l’illustre d’après un dessin de Torremuzza (figure 3), a permis au duc de Luynes de reconnaître sa monnaie : « L’identité de la pièce gravée par Rasche avec celle que je possède est évidente ».7 Il s’agit donc de la même pièce. Par ailleurs, D. Sestini nous informe en 1805 que le statère a appartenu à la collection du Baron d’Astuto et que ce dernier l’a acheté en Sicile même, « dove pure fu ritrovato »8 ajoute-t-il. Mais cette affirmation est-elle fiable ?9
3. Et non en 1873 comme l’indique Polosa 2000, p. 54 n. 27. 4. samBon 1870, p. 34, l’attribuait à Merusion, mais d’après le poids considérait que la monnaie appartenait à la Grande Grèce. Voir aussi Panvini rosati 1962, p. 283. Les auteurs de l’IGCH ont émis des réserves sur l’appartenance de l’exemplaire du British Museum à ce trésor. Mais tenant compte du fait qu’il n’existe que trois exemplaires et que l’un était connu avant la découverte et que l’autre est un fragment, il ne fait aucun doute qu’il s’agit de la monnaie trouvée dans ce trésor. 5. Duc De luynes 1859, p. 348, n. 2. 6. Panvini rosati 1962, p. 278, puis à sa suite arnolD-Biucchi 1993, p. 1, n. 3. ; ecKhel 1792, p. 163. Quant à cahn 1978, p. 83 et à sa suite Polosa 2000, p. 54, ils n’ont conservé que l’information « achetée à Naples d’un marchand calabrais ». Ceci démontre que la prudence doit être de mise lors d’une mention de provenance aussi peu précise que celle-ci. 7. Duc De luynes 1859, p. 348, n. 2. Voir aussi rasche 1788. (La gravure est en fin de volume sur une page non numérotée). Torremuzza = G. Lancilloto, Castelli di Torremuzza. 8. sestini 1805, p. 7. Il est curieux que la monnaie fasse partie de ce volume car la collection de Luynes n’est entrée au Cabinet des médailles que le 3 mars 1863 ; cf. BaBelon 1924, p. V-VI. 9. Par ailleurs, BaBelon 1901, p. 300, mentionne que les monnaies siciliennes de la collection du Baron d’Astuto furent achetées en 1817, par le prince royal de Bavière au cours d’un voyage en Sicile pour la collection royale de Munich (Sestini dédie des ouvrages au duc de Bavière). Mais apparemment la monnaie des Serdaioi n’en faisait pas partie puisqu’elle s’est retrouvée entre les mains du Duc de Luynes.
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Aucune précision n’est donnée sur le lieu de trouvaille, ni aucune information concernant le moment où celle-ci eut lieu. Il nous semble que cette indication ne peut être reprise sans tenir compte de l’incertitude qui en découle. De plus, comme D. Sestini attribuait le statère à la Sicile, il lui semblait logique qu’elle y ait été retrouvée. Finalement, à ces deux statères, vient s’ajouter un nouvel exemplaire récemment passé en vente10. Ce fragment de statère (figure 4) semble lui aussi avoir été frappé par la même paire de coins que les deux autres.
Figure 1 - Statère, British Museum.
Figure 2 - Statère, Paris (De luynes).
Figure 3 - Dessin de Torremuzza, cf. rasche 1788.
Figure 4 - Fragment de statère (Ritter). 10. M�nzhandlung Ritter, Fixed Price List 84, juillet 2009, 277 (fragment de statère, 3,30 g).
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Dès les premières publications, les hypothèses d’attribution se sont succédées. Torremuzza, repris par Rasche, l’attribuait à Meroë de Lycie, tandis que Sestini, repris par Mionnet, puis par L. Sambon, la donnait à Merusion (ou Merousion)11 en Sicile (ce dernier l’attribue plus loin dans l’ouvrage à la Grande Grèce). Le duc de Luynes qui l’attribuait quant à lui à Sergention (ou Ergetion)12 également en Sicile, fut le premier, à notre connaissance, à remarquer que l’alphabet était achéen et qu’il convenait de lire la lettre san et non mu comme première lettre de l’ethnique13. Cette attribution eut beaucoup de partisans14 et perdura longtemps. D’autres, depuis la découverte du trésor de Calabre, préférèrent l’attribuer à une cité incertaine de Grande Grèce15. Le rapprochement que fit E. Kunze avec ces monnaies lors de la publication de l’inscription, fut suivi par M. Guarducci et F. Panvini-Rosati16. Mais le débat s’est rouvert et d’autres hypothèses d’attribution furent défendues. En premier lieu, le rattachement de ces monnaies avec la Sardaigne fut d’abord suggéré par P. Zancani-Montuoro17, puis défendu par G. Pugliese Carratelli qui depuis continue à soutenir cette hypothèse18. Il est désormais rejoint par R. d’Oriano qui soutient que les Serdaioi étaient établis à Olbia en Sardaigne19. D’autres identifications plus laborieuses
11. sestini 1805, p. 7 ; mionnet 1819, p. 400. Par ailleurs, Merusion n’est connu que par une mention de Stéphane de Byzance (d’après Théopompe ; FGrH II, frag. 189). Voir aussi s.v. Merusion dans RE, suppl. VI, 1935, p. 304. La même attribution fut reprise par samBon 1870, p. 34, qui publia la trouvaille de Calabre. Mais ce dernier, sur la considération du poids et de sa présence dans le trésor, soutient qu’elle doit appartenir à la Grande Grèce et la classe parmi les monnaies du Bruttium, plus loin dans l’ouvrage (p. 339). Il connaissait trois monnaies (les statères et un triobole, dont il ignorait le poids et qu’il considérait comme une obole), voir pl. XXII nos 7-8 (illustrations reprises sans références par Bruni 1975, p. 524). 12. Duc De luynes, 1856, p. 348. Sergention est aussi connu par Stéphane de Byzance (Ptolémée III, 4, 13). Voir aussi s.v. Ergetium dans RE, VI, 1909, p. 432 et BTCGI VII s.v. Ergezio. Cette attribution fut reprise par Pais 1908, p. 117-121, même après la découverte du trésor de Calabre. Il se base sur la ressemblance avec des monnaies de Naxos et il avance même que les coins des statères auraient pu être gravés par un artiste de Naxos. Pour contourner le problème métrologique, il soutint que les statères, usés, devaient à l’origine peser entre 8,40-8,60g. 13. BaBelon 1924, nos 1138-1139, conserva cette attribution lors de la publication de la collection. Quant au triobole, l’inventaire manuscrit de la collection Luynes, commencé en 1864, (qui le considère comme un diobole), mentionne qu’il fut acquis chez Hoffmann (Paris) en 1860 ; sans doute directement, puisqu’aucune trace de cette monnaie n’a pu être relevée dans les catalogues Hoffmann de cette année. 14. De Foville 1906, p. 445-450 qui se demande même « si la petite ville de vignerons qui émit ces pièces ne les fit pas frapper dans l’atelier même de sa voisine Naxos » ; heaD 1911, p. 169 (alors qu’il l’attribuait à une cité incertaine du Bruttium dans la 1re édition de 1887, p. 98 ; GiesecKe 1928, p. 342, pl. III, 14 ; rizzo 1946, p. 278. 15. BMC Italy, p. 395 (cité incertaine du Bruttium) ; suivi par heaD 1911 dans sa première édition (cf. note précédente) ; GarDner 1883, p. 87 et pl. I, 5 ; Garrucci 1885, p. 154 et pl. CXI, 9-10 ; DunBaBin 1948, p. 403, n. 2 ; Bernhart 1949, p. 96 et pl. II, 27. 16. GuarDucci 1962, p. 199-210 ; Panvini rosati 1962, p. 278-284 ; GuarDucci 1982, p. 1-7. 17. zancani-montuoro 1962, p. 11-18 ; 1982, p. 57-61. 18. PuGliese carratelli 1966, p. 164-165 ; 2004, p. 161-169. 19. D’oriano 2005, p. 58-74.
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furent tentées et ne furent pas suivies : on a suggéré d’y voir un monnayage d’Herdonia en Apulie20, des Sardiaioi en Illyrie21 ; et même qu’il pourrait s’agir d’un monnayage étrusque22 ! Récemment, les Serdaioi furent même assimilés aux Étrusques de Pontecagnano23. Nous ne reviendrons pas sur ces attributions aventurées et renvoyons pour une critique de ces hypothèses à l’excellente synthèse d’A. Polosa qui en a fait un commentaire pertinent24. Désormais, on admet généralement que le monnayage appartient à l’Italie du Sud, sauf G. Pugliese Carratelli et R. d’Oriano qui persistent à tenter de rattacher le monnayage à la Sardaigne. Le monnayage des Serdaioi est rare, mais le nombre d’exemplaires connus ne cesse d’augmenter. Le dernier décompte en date, celui d’A. Polosa en 2000, avait porté le nombre de monnaies des Serdaioi à 11 ; nous ajouterons six autres exemplaires à ce total. Mais d’abord, il convient de reprendre l’examen de l’hémiobole publié par H. Cahn sur lequel il avait noté une légende à quatre lettres : MERD (SERD) (figure 5). Bien que le delta de cette légende soit très hypothétique, on a dit de cette monnaie qu’elle avait définitivement clos le débat sur l’attribution du monnayage aux Serdaioi25. Or, le style du droit, très différent de toutes les monnaies connues alors, nous a conduits à examiner la monnaie de plus près. Le résultat est d’importance. La lecture du revers est erronée. La légende inscrite de manière circulaire n’est pas MERD (SERD), mais plutôt POSEI ( ). Dans le schéma du revers illustré par H. Cahn, ce qu’il a pris pour un rho est en fait un iota achéen à trois traits. Il a ajouté une haste qui n’est pas en réalité sur la monnaie. De plus, ce qu’il a pris pour la partie supérieure du delta est une partie du pi ; et finalement, il n’a pas vu l’omicron qui est tout à fait visible.
Figure 5 - Hémiobole (1:1 et 4:1) (Fogg Art Museum) et schéma de H. Cahn.
20. calDerone 1963, p. 219-258. 21. mazzarino 1976, p. 28 ; Gorini 1993, p. 127-143 ; 1996, p. 226. 22. hansen 1990, p. 447-448. 23. sKele 2002, p. 45. 24. Polosa 2000, p. 53. 25. Greco 1990, p. 40 « ha definitivamente posto fine alla discussione » ; DuBois 2002, p. 39 « identification définitive », voir aussi amPolo 1993, p. 251 ; Pera 1986, p. 41, n. 42 et HNI, p. 142.
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Il s’agit en réalité d’un hémiobole de Poseidonia. L’identité des coins de la monnaie conservée au Fogg Art Museum concorde parfaitement avec les deux autres exemplaires connus de cette rare émission (figure 6)26. La tête divine au droit n’est donc autre que celle de Poséidon. A. Polosa avait effectivement raison de rapprocher les monnaies des Serdaioi avec celles de Poseidonia, mais cet hémiobole de Poseidonia lui était inconnu27.
Figure 6 - Hémioboles de Poseidonia (1:1 et 4:1) (ex. de Berne, Fogg Art Museum, Berlin).
26. L’exemplaire de Berlin (1846/5726 = Beschreibung der antiken Münzen III.2, Berlin, 1894, Poseidonia, 80), provient de la collection Julius Friedlaender et fut acheté par ce dernier à Paestum. L’exemplaire est également publié par Fiorelli 1845, p. 24 et illustré pl. III, 9. Quant à l’exemplaire conservé à Berne, il avait déjà été publié par leDerer 1943, p. 12-13 et pl. I, 3. 27. Polosa, 2000, p. 50, fig. 19. Même rapprochement par N. K. rutter, HNI, p. 142.
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Cette identification annule donc les conclusions découlant de la présence du delta dans la légende SERD, même si l’attribution du monnayage aux Serdaioi demeure néanmoins, à notre avis, la seule identification possible. Nous verrons pourquoi. Mais d’abord revenons à Sergention pour rappeler que bien que la monnaie à la légende SERD ne soit plus un obstacle à une attribution à cette cité, il demeure néanmoins que l’alphabet est achéen et qu’une telle identification n’est ainsi pas acceptable. De plus, il n’est pas inutile de rappeler que le toponyme Sergention n’est attesté qu’une seule fois à l’époque impériale et que toutes les autres mentions attestent Ergetion28. En conséquence, il n’est tout simplement pas possible que l’ethnique sur d’éventuelles monnaies d’Ergetion débute par MEP (SER). Aucun autre toponyme d’Italie du Sud ne débute par SER-, et donc, les monnaies ne peuvent se rattacher à aucun autre site de la péninsule. Le monnayage est également connu par trois groupes de trioboles, un d’oboles et deux d’hémioboles. Les émissions de trioboles possèdent les mêmes types à la différence que la tête de Dionysos au droit est à droite ou à gauche selon le groupe. On retrouve toujours la même légende MEP (SER) au droit, et au revers on voit une grappe de raisin dans un grènetis. Nous avons recensé 6 trioboles (figures 7-9). Le plus ancien exemplaire connu est celui de la collection de Luynes. Il est publié par L. Sambon en 1870, sans qu’il en donne la référence, mais il ne fait aucun doute qu’il s’agit du même exemplaire. Nous n’avons pas pu trouver de traces des autres exemplaires avant la seconde moitié du xxe siècle.
Figure 7 a, b, c - Trioboles.
Figure 8 a, b - Trioboles.
Figure 9 - Trioboles.
28. GuarDucci 1982, p. 3. Sergention est mentionné par Ptolémée III, 4, 7 au iie siècle ap. J.-C., alors qu’Ergetion est cité par Polyen 5, 6, par une inscription de Delphes (SGDI, 2580) du iie siècle av. J.-C., par Stéphane de Byzance s.v. Ergetion et par Pline HN, 3, 91 (Ergetium).
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Quant aux oboles, C. Arnold Biucchi avait publié un premier exemplaire et en connaissait un deuxième qui faisait partie d’une collection privée29. Nous en avons recensé une autre passée en vente, mais nous ne sommes pas en mesure de savoir si ce nouvel exemplaire est celui auquel elle fait référence. Il est donc possible qu’une troisième obole existe (figure 10). Pour les hémioboles (figure 11), 4 exemplaires sont connus dont un exemplaire à Naples30, toujours classé dans le médaillier avec les monnaies de Poseidonia, un second à Paris, toujours classé sous Sergention. Un troisième, passé en vente publique chez M�nzen und Medaillen, fut répertorié par H. Cahn, et finalement, un dernier fut publié par E. Piras.
Figure 10 a, b - Oboles. b
a Figure 11 a (2:1).
c d Figure 11 a, b, c, d - Hémioboles.
L. Breglia avait relevé les limites du dossier numismatique et soutenu qu’on ne pouvait pas, avec aussi peu d’exemplaires, identifier l’étalon pondéral utilisé par les Serdaioi ; et donc se servir de cet argument pour proposer une attribution certaine à l’Italie du Sud31. En particulier, elle insistait sur l’impossibilité de savoir si le statère se divisait en deux ou trois drachmes. Or, la numismatique, l’une des sciences de l’Antiquité qui nous livre le plus de matériel nouveau encore aujourd’hui, nous réserve parfois de belles surprises. Une drachme des Serdaioi est apparue sur le marché32 (figure 12).
Figure 12 - Drachme. 29. arnolD-Biucchi 1993, p. 1. 30. Polosa 2000, p. 57, n. 49, semble indiquer que la monnaie est dans la collection Santangelo alors qu’elle appartient à la Raccolta Generale. L’exemplaire fut publié par sallusto 1969-1970, p.47-53, pl. III, 4. 31. BreGlia 1962-1964, p. 302-303. Voir également taliercio mensitieri 2001, p. 134-135. 32. Gorny � Mosch (Munich) 169, 13 octobre 2008, lot 10. Nous avons tenté d’obtenir des renseignements sur la provenance de cette drachme, de même que pour un triobole passé quelques années auparavant en vente dans la même Maison. Or, on nous a indiqué que ces monnaies proviennent de collections privées et nous n’avons pas plus d’informations à leur sujet.
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La drachme en question pèse 2,37 g et tranche définitivement la question de la division du statère. Celui-ci ne peut que se diviser qu’en tiers et l’étalon achéen est celui qui est utilisé. Nous y reviendrons, mais d’abord voyons les monnaies dans leur ensemble. D’après le style, il est possible de subdiviser l’ensemble des monnaies en trois groupes. Le premier groupe (figure 13), composé des statères, de la drachme, de trioboles et d’oboles, est caractérisé par un Dionysos dont la chevelure est rendue par des points et par un œil en amande.
Figure 13 - Groupe 1
Le deuxième groupe (figure 14), dont on ne connaît pas de statères, est composé de trioboles, et pour la première fois d’hémioboles. Il est caractérisé par un Dionysos à chevelure lisse et par un œil mieux défini où l’on peut apercevoir la pupille. Le troisième groupe (figure 15), est représenté par un triobole et un hémiobole. On peut remarquer une nette différence de style entre les deux groupes précédents et ce dernier. Le style beaucoup plus fruste n’a plus rien du style soigné des exemplaires précédents. Pourtant les types sont les mêmes et l’ethnique n’a pas changé. Cette différence de qualité dans la gravure laisse peut-être sousentendre que les premiers coins furent gravés par des Grecs (peut-être même de Poseidonia ?), et qu’ensuite, une fois que la transmission du procédé de fabrication fut effectuée, les Serdaioi ont eux-mêmes gravé des coins et frappé des monnaies.
Figure 14 - Groupe 2.
Figure 15 - Groupe 3.
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La nouvelle drachme possède donc les caractéristiques du premier groupe et vient confirmer que l’étalon pondéral utilisé par les Serdaioi est bien achéen. D’après son poids, le statère ne peut se diviser qu’en tiers. Mais voyons de quelle manière se décline celui-ci, sachant que l’unité correspond à un statère d’environ 8,1 g (figure 16).
Dénominations Statère Drachme Triobole Obole Hémiobole Rapports 1 1/3 1/6 1/18 1/36 Poids théoriques (g) 8,1 2,7 1,35 0,45 0,225 2,37 1,19 ; 1,22 ; 1,23 1,25 ; 1,30 ; 1,35 0,31 ; 0,45 0,18 ; 0,24 ; 0,25 ; 0,26 Poids attestés (g) 7,91 ; 7,95
Figure 16 - Distribution des poids des exemplaires des Serdaioi.
Quant à la drachme, le poids théorique de 2,70 g semble bien celui en usage chez les Achéens comme en témoigne la table de fréquence élaborée d’après l’étendue des 80 % d’un échantillon composée de 214 drachmes33 (relevées pour la plupart dans les principaux catalogues publiés et dans les monographies consacrées aux ateliers concernés)34. La table (figure 17) montre une concentration des exemplaires entre 2,51 et 2,65 g. Ce qui confirme le poids théorique de la drachme achéenne. Celle des Serdaioi à 2,37 g se positionne dans le bas de la courbe, ce qui ne surprend guère étant donné qu’elle dénote des traces d’usures et qu’elle a sans aucun doute perdu un peu de poids. La métrologie confirme donc vers une attribution du monnayage à l’Italie du Sud. Il s’agit bien de l’étalon achéen, étalon qui nous le rappelons, est strictement confiné à la péninsule italienne.
33. Les drachmes de Poseidonia et de Velia sont exclues puisqu’elles n’utilisent pas l’étalon achéen. 34. Pour Métaponte : noe, Johnston 1984. Pour Caulonia : noe 1958. Pour Laos : sternBerG 1976, p. 143-162. Pour les autres monnayages (et en complément des monographies citées) nous avons repéré des exemplaires dans les catalogues suivant : SNG ANS, SNG Australia I (Gale coll.), SNG Blackburn (Hart coll.), SNG Budapest, SNG Catanzaro, SNG Copenhague, SNG Delepierre, SNG Dreer, SNG Fitzwilliam, SNG Forbat, SNG Leipzig, SNG Lewis, SNG Lloyd, SNG Lockett, SNG Manchester, SNG Milan, SNG Munich, SNG Newcastle, SNG Oxford, SNG Stockholm, SNG T�bingen, BMC Italy, Boston Museum of Fine Arts, coll. A.D. M. (NAC O et P), Coll. Consul Weber (J. Hirsch), coll. Dieter Klein, coll. Dewing, coll. de Luynes, Montréal Musée des Beaux-Arts, coll. H. de Nanteuil, coll. Pozzi et Winterthur. En sus, nous avons consulté les monnaies du fonds général du Cabinet des médailles de Paris et les sites internet suivant : www.coinarchives.com, www.cngcoins.com, www.inasta.com et www.moneymuseum.com.
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Serdaioi
2,71 - 2,75 2,61 - 2,65 2,51 - 2,55 2,41 - 2,45 2,31 - 2,35 2,21 - 2,25 2,11 - 2,15 0 5 10 15 20 25 30
Ensemble des ateliers
Figure 17 - Table de fréquence des drachmes incuses.
Les types Les types utilisés pour toutes les dénominations montrent une typologie cohérente. Toutes les monnaies représentent Dionysos. Sur le droit des statères il est représenté nu debout à gauche, tenant un canthare dans la main droite et un sarment de vigne dans la main gauche. Celui-ci passe par-dessus son épaule et retombe derrière. On peut lire dans le champ gauche la légende MEP (SER). La bordure est constituée d’un grènetis entre deux cercles. Les types de la drachme font ingénieusement le pont avec les plus petites dénominations. On y voit au droit la tête de Dionysos que l’on retrouvera sur les trioboles, les oboles et les hémioboles, et au revers, le type des statères est repris (à l’exception de la légende qui sur les statères apparait au droit). Sur les trioboles on retrouve aussi la tête de Dionysos (à droite ou à gauche) avec la légende MEP (SER), et au revers, une grappe seule entourée d’un grènetis. Sur les oboles et les hémioboles on retrouve la tête de Dionysos, et au revers sur les premières, la légende MEP (SER) rétrograde dans un grènetis, et pour les secondes la même légende circulaire. Le type du droit du statère n’a pas d’équivalent exact, mais trois exemples iconographiques s’en rapprochent un peu. G. E. Rizzo avait déjà rapproché les statères d’un pinax de Locres35 (1re moitié du ve siècle) (figure 18). La posture est effectivement la même, à la différence que dans ce cas, Dionysos est vêtu d’un himation. Un autre exemple est similaire, mais cette fois sur une gemme (vers 500) où le Dionysos, également vêtu d’un himation, porte le sarment de vigne non pas sur son épaule, mais devant lui36 (figure 19). Le seul autre cas
35. rizzo, 1946, p. 279 et fig. 86. Voir aussi Panvini-rosati 1962, p. 282 et fig. 3. Conservé au Musée archéologique de Reggio di Calabria (inv. 58729, hauteur 27 cm). 36. BoarDman 1968, no 242 ; vers 500, qui rapproche p. 92 la gemme du monnayage des Serdaioi.
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similaire que nous avons recensé, où Dionysos est nu, est un vase à figure rouge (vers 460) sur lequel Dionysos est représenté jeune et debout sur les genoux de Dionysos (?) adulte (figure 20)37. Il tient un canthare de la main droite et une branche de vigne de la main gauche (sans grappe), qui ne passe pas non plus sur son épaule, mais est tenue devant lui. Le type des droits des statères est donc assez rare et comme l’a remarqué R. Osborne, le type monétaire des Serdaioi fournit la seule représentation de Dionysos nu avant le milieu du ve siècle38. Il est toutefois intéressant de noter que ces trois parallèles iconographiques s’insèrent dans un cadre chronologique restreint entre 500 et 460.
Figure 18
Figure 19
Figure 20
37. Ferrara, Museo archeologico 2738 ( (LIMC III, pl. 381, Dionysos 705) (c. 460). Voir carPenter 1997, p. 54 et pl. 19b. 38. osBorne 1998, p. 102, n. 38. Remarqué avant lui par Farnell 1909, p. 263.
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On a également souvent rapproché les monnaies de Naxos (figure 21) de celles des Serdaioi, en particulier pour suggérer une localisation voisine. Certes, les monnaies des Naxiens représentent également Dionysos et des grappes de raisin, mais bien que la tête soit similaire, le dieu n’est jamais représenté debout. Quant à la gravure, le style est différent. En particulier, sur les monnaies des Serdaioi Dionysos n’est jamais couronné de lierres. Les rapprochements sont plus important avec les monnaies de Poseidonia comme nous le verrons39.
Figure 21 - Drachme de Naxos (Stack’s 14 janvier 2008, 2094 ; coll. Lawrence R. Stack).
Plusieurs autres monnayages ont également été confrontés à celui des Serdaioi en raison de la présence d’une grappe de raisin. Cependant la grappe est tellement fréquente dans les monnayages grecs qu’il difficile de procéder à une démonstration à partir de ce type monétaire40. Néanmoins, un monnayage qui utilise des types similaires n’a que très rarement été comparé avec nos monnaies41 : il s’agit du rare monnayage de Galaria en Sicile42 connu par deux émissions de litrai. On peut voir sur la seconde43 (figure 22), au droit : Dionysos debout vêtu d’un himation et tenant un canthare dans la main droite et un thyrse dans la gauche ; au revers, on retrouve une branche de vigne avec une grappe de raisin et deux feuilles. Jenkins date cette deuxième émission vers 430-420, en s’appuyant sur des parallèles typologiques avec les émissions de Naxos. Le type de Dionysos debout avec le canthare est également présent sur la seule autre émission de Galaria (la première, vers 460, figure 23), mais cette fois il est
39. Voir infra p. 278. 40. Voir par exemple sur ces monnayages : Arpi, Galaria, Imachara, Naxos, Soloi, Tauromenion, Tenos, Thèbes, etc. La grappe comme type principal de revers est assez fréquent. 41. E. BaBelon, Traité, 2e partie, t. I, col. 1499-1500. 42. Voir sur ce monnayage JenKins 1975, p. 77-103, en particulier p. 83-87. Le site de Galaria (parfois Galeria) n’est toujours pas localisé avec précision, mais Diodore XIX, 104,1 nous informe qu’Agathocle s’empara de la cité. Voir aussi Diodore XVI, 67,3. 43. Jenkins en connaissait trois exemplaires (p. 85-87 et pl. VI a-c). Nous en avons recensé quelques autres passés en vente : B. Peus (Francfort) 374, 23 avril 2003, 35 = B. Peus 378, 28 avril 2004, 26 ; NAC (Z�rich), 25, 25 juin 2003, 70 ; CNG (Lancaster) e-auction 139, 10 mai 2006, 48 = Vecchi (Londres) 6, 9 juin 1997, 196 ; B. Peus 392, 4 mai 2007, 4029 ; NAC, 46, 2 avril 2008, 185 (= figure 22).
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au revers et est associé à Zeus Sôter au droit. Le seul autre parallèle pour le droit que rapporte Jenkins est un tétradrachme d’Abdère (vers 415-395)44 où Dionysos, également debout, tient un canthare et cette fois une branche (de vigne ?) dans la main gauche (figure 24)45.
Figure 22.
Figure 23 - BMC 1.
Figure 24.
La typologie tourne donc autour de l’imagerie dionysiaque et du vin46. D’ailleurs, il n’est pas rare, comme l’a souligné M. Taliercio Mensitieri, de retrouver des canthares et autres vases associés à l’iconographie dionysiaque dans le matériel funéraire œnôtre dès la fin du vie siècle47. L’étymologie même du nom Œnôtre, se rapporte directement au vin48 et semble en rapport direct avec les types monétaires. Il n’est donc pas nécessaire de se tourner vers Naxos pour trouver une explication aux types monétaires des Serdaioi49. L’ethnos des Serdaioi semble fortement hellénisé au moment où il émet ce monnayage ; la typologie des monnaies en témoigne de même que l’utilisation de l’aphabet grec, mais surtout l’usage même de la monnaie et les rapports politiques avec Sybaris.
44. Chronologie revue par chryssanthaKi-naGle 2007, p. 118-119. 45. JenKins 1975, p. 86 et pl. VI C ; may 1966, no 216 (= figure 24). Le type peut également être rapproché d’un type utilisé à Nagidos vers 400-485 ; cf. LIMC, s.v. Dionysos no 77, mais dans ce cas il ne tient pas un canthare mais un thyrse. 46. Sur l’imagerie dionysiaque et son évolution, voir Florenzano 1999. 47. taliercio mensitieri 2001, p. 136. 48. DuBois 2002, p. 39. 49. À notre connaissance, une seule monnaie de Naxos fut retrouvée en Grande Grèce, dans le trésor de Vito Superiore (IGCH 1910), près de Reggio di Calabria enfoui vers 387. Cette monnaie ne représentait pas Dionysos, mais un silène.
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Chronologie du monnayage De quand date ce monnayage ? Comme nous l’avons vu, seul le statère conservé à Londres nous fournit des indications chronologiques sûres. La monnaie fut retrouvée dans un trésor composé uniquement de monnaies de Grande Grèce. Il avait été initialement daté vers 470, mais cette datation doit être légèrement postérieure comme l’a souligné N. Parise50, qui propose de le dater vers 460-450. En effet, d’après la description donnée par L. Sambon, 14 statères de Poseidonia à double relief en faisaient partie. Ces premiers statères à double relief ne furent émis qu’à partir de 475. Malheureusement, aucune monnaie de ce trésor n’est illustrée. La confrontation des exemplaires de Poseidonia avec le corpus des coins nous aurait permis de préciser la chronologie de cet important trésor. Même cas de figure pour les 40 statères de Caulonia qui débute ses émissions à double relief vers 475-470. Le trésor date probablement d’une décennie après la mise en circulation des statères à double relief à Poseidonia et à Caulonia, soit pas avant vers 465-460. Le statère des Serdaioi provenant du trésor montre des traces d’usure importante et la pièce a nécessairement circulé un moment avant d’être thésaurisée, pendant une période qu’il est difficile d’apprécier. Mais sa présence dans le trésor semble indiquer que les monnaies datent au plus tard des premières décennies du ve siècle ; elles sont assurément antérieures à 475. Cette chronologie fut d’abord proposée par L. Sambon, puis par C. Arnold-Biucchi, qui propose une datation c. 480, et qui soutient que la technique à double relief des monnaies pourrait difficilement s’expliquer dans les années 525-51051. De fait, pendant toute la fin du vie siècle les monnayages des colonies achéennes ne sont frappés que selon la technique incuse. Les premiers à abandonner cette technique pour la frappe de monnaies à double relief furent Tarente et Laos, respectivement vers 500 et vers 490/480 (à quoi il convient d’ajouter l’émission conjointe de Sybaris-Laos à double-relief aux environs de 500)52. Cependant l’emploi de la technique à double relief sur ces monnaies n’est pas un argument décisif, puisque d’autres arguments de nature technique peuvent être avancés en faveur d’une datation plus haute. D’une part, les statères des Serdaioi sont plus larges (24 mm) que les flans des premières monnaies à double relief de Caulonia et de Poseidonia qui changent de technique de fabrication vers 475 (largeur moyenne des flans de 20 mm), et même que ceux de Laos (c. 20 mm) à l’exception de l’émission conjointe de Sybaris-Laos aux environs de 500 (25 mm)53 ; et d’autre part, le diamètre correspond plutôt à celui des
50. N. Parise, « Il debatito », dans Sibari e la Sibaritide, Tarente, 1993, p. 655. talierciomensitieri 2001, p. 134, place ce monnayage dans les premières décennies du v e siècle. 51. samBon 1870, p. 339 ; arnolD-Biucchi 1993, p. 3. Voir aussi Parise 1973, p. 113, n. 80. 52. Fischer-Bossert 1993, p. 79 ; sternBerG 1976, p. 153. Vers 480 pour HNI, p. 177. 53. Ce qui correspond également au diamètre des statères incus de la cité.
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premiers statères à double relief de Tarente vers 500 (23-26 mm), et au diamètre maximum mesuré sur les statères à flans moyens de Métaponte (c. 510-470) et de Crotone (c. 500-480). On pourrait alors être tenté de faire un rapprochement de nature technique entre la taille des flans des statères des Serdaioi et celle des autres émissions aux diamètres similaires. En particulier, l’émission conjointe de Sybaris-Laos, dont le diamètre (25 mm) est similaire. De plus, les statères des Serdaioi montrent un listel caractéristique au droit et au revers qui semble plutôt se rapprocher de ceux que l’on observe sur les monnaies incuses. Tant au droit qu’au revers, on retrouve un cercle perlé inséré entre deux cercles linéaires. Ce type de listel est assez fréquent sur les droits des statères incus des autres ateliers achéens. Les listels présents sur les statères des Serdaioi semblent donc caractéristiques de la fin du vie siècle. Cependant, ces ateliers ne se limitent pas seulement à ce type de listel, mais font également usage de motifs de décoration différents. Par contre, le même type de listel au revers est beaucoup plus rare. Nous n’avons repéré que deux émissions comportant la même paire de listel que sur les statères des Serdaioi : une à Sybaris appartenant à la classe « L » (figure 25) et une autre à Crotone sur des flans moyens54 (figure 26). Il s’agit d’émissions où le diamètre des flans, réduits par rapport aux statères à flan large des premières émissions (c. 30 mm), correspond au diamètre des statères des Serdaioi. Le statère de Sybaris semble avoir appartenu aux toutes dernières émissions de la cité avant sa destruction. La taille des statères de l’émission conjointe de Crotone-Sybaris55 (c. 23 mm) est aussi du même ordre. Deux détails techniques, les listels et le diamètre, permettent vraisemblablement de rapprocher les statères des Serdaioi d’autres statères de la toute fin du vie siècle. Sur un autre plan, le style archaïque se rapporte bien au style des autres monnayages de la fin du vie siècle, en particulier celui de Poseidonia. Les liens stylistiques entre les deux monnayages avaient déjà été notés par H. Cahn56 et dans une moindre mesure par A. Polosa57. Le style des statères incus de Poseidonia offre des similitudes avec ceux des Serdaioi (figure 27) : les deux divinités sont nues, le rendu des jambes (en particuliers des genoux), et la longue chevelure, dont les tresses sont représentées par des points, sont similaires à ce que l’on observe sur de nombreux statères de Poseidonia.
54. Pour Sybaris : Alpha Bank 10133 (25,5 mm, 7,99 g) et coll. de Luynes 554 (26 mm, 7,90 g) et pour Crotone : CNG Mbs 72, 14 juin 2006, 139 (26,5 mm, 8,09 g). Voir aussi le tableau (incomplet) des occurrences de listels dressé par Bouyon 1998, p. 25. Nous n’avons pu consulter la thèse inédite de R. Williams sur les statères incus de Crotone : R. Williams, The incuse staters of Kroton, PhD Monash University, 1983. Pour une identification du statère de Sybaris avec la classe « L », classe qui se distingue par la présence d’un rameau de laurier, voir stazio, sPaGnoli 1993. Le statère est daté par Barrita, carroccio 2006. 55. HNI 2098 c. 500-480. 56. cahn 1978, p. 85. 57. Cf. n. 26.
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Figure 25 - Paris, coll. de Luynes 554.
Figure 26 - CNG 72, 14 juin 2006, 139.
Figure 27 - Statère des Serdaioi et statère de Poseidonia (Palombo 5, 7 juin 2008, 10).
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Mais les rapprochements sont encore plus manifestes entre les hémioboles (et même les autres divisionnaires) des Serdaioi et ceux de Poseidonia. En particulier, les similitudes sont évidentes avec l’émission de Poseidonia que nous avons évoquée, à laquelle appartient la monnaie où H. Cahn avait cru pouvoir lire une légende SERD (SERD). Mais d’autres émissions d’hémioboles de Poseidonia montrent aussi une tête de divinité au droit qui rappelle par plusieurs traits la tête du Dionysos des Serdaioi, et une émission d’obole a elle aussi comme type de revers une légende circulaire. Les influences sont perceptibles (figure 28).
Figure 28 - Hémiobole (2:1) (Berlin – Imhoof-Blumer) et obole (1:1) de Poseidonia (SNG ANS II, 633).
Il est intéressant de souligner que les Serdaioi font usage de l’hémiobole. Cette dénomination ne semble que très peu frappée en dehors de Poseidonia où six émissions sont connues pendant toute la durée de son monnayage. Trois d’entre elles appartiennent à la période c. 530-49058 et ce sont justement celles qui montrent des similitudes avec les hémioboles des Serdaioi. Ailleurs en Grande Grèce, les hémioboles sont très rares. Une émission est attestée à Laos (1 ex.) (c. 470-453)59, une autre à Caulonia (1 ex.)60 et une dernière à Crotone (2 ex.)61.
58. Voir n. 25 pour les références. Les poids des exemplaires de l’émission déjà évoquée sont les suivants : Berne (0,23 g) ; Berlin (0,26 g) et Fogg Art (0,26 g). Les autres émissions ont pour types : Tête de Poséidon / trident ; tête de Poséidon / roue (à laquelle on peut aussi rattacher l’émission de quart d’obole). Par ailleurs, la rareté de ces hémioboles peut être imputée à la difficulté de retrouver de si petites monnaies, et de nouvelles émissions sont susceptibles d’être révélées. 59. sternBerG 1976, no 19 (0,18 g) 60. HNI, 2068, datée arbitrairement entre 400-389. 61. À Crotone l’émission d’hémioboles (HNI, 2188, cf. SNG Gale 1103 (0,19 g)) possède même une marque de valeur comme type de revers : H. Cette rare émission est datée par Rutter de la première moitié du ive siècle. Il nous semble incorrect de la dater de cette époque. Il serait préférable de considérer une datation beaucoup plus haute et d’associer cette émission avec les monnaies incuses. Au ive les monnaies de bronze ont déjà fait leur apparition et il est désormais plus simple d’émettre cette valeur dans ce métal. D’ailleurs, à Poseidonia, après 420, date qui correspond environ aux premières frappes de bronze, les hémioboles ne sont plus émises. Par ailleurs, l’autre émission mentionnée par HNI, 2138, est plutôt à notre avis une émission d’oboles ; BicKnell 1971, p. 1-4, qui a publié ces monnaies avait recensé 4 exemplaires et soutenu que le 4e était un hémiobole du fait de son poids (0,20 g) par rapport aux autres (0,33 g ; 0,35 g et 0,36 g). Cependant, tous les exemplaires possèdent les mêmes types et approximativement le même diamètre. Il nous semble donc que la monnaie décrite comme un hémiobole est plutôt une obole. Finalement, il existe, en outre, un autre hémiobole, non attribué et qui semble appartenir à la Grande Grèce : LHS 100, 23 avril 2007, lot 149 (5 mm, 0,18 g). Le type du droit est attesté à Métaponte, mais le type de revers est inconnu.
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Il apparaît bien que le monnayage des Serdaioi, comme en témoignent les rapprochements stylistiques et le choix des dénominations, est dans une certaine mesure lié à celui de Poseidonia bien que l’étalon monétaire ne soit pas le même62. Nous allons voir que le traité entres les Serdaioi et Sybaris, où Poseidonia est impliquée, montre que cette cité a certainement entretenu des rapports avec les Serdaioi, rapports qui pourraient trouver un écho dans le monnayage. Ces rapprochements nous laissent croire que les monnaies des Serdaioi sont contemporaines de celles de Poseidonia qui sont toutes antérieures à 490. De plus, le rapprochement avec les listels et les diamètres des monnaies de Sybaris et de Crotone que nous avons évoqués, nous autorise à dater les monnaies autour de 500. Le statère de Sybaris de la classe « L » est sans doute l’un des derniers à avoir été émis avant 510. Celui de Crotone, entre 500 et 480. Seuls de nouveaux exemplaires trouvés en contexte archéologique pourraient confirmer la chronologie, mais d’après les indices numismatiques, on peut considérer que les monnaies des Serdaioi doivent se situer quelque part entre 510 et 490 av. J.-C. Le traité Le texte du traité (figure 29)63 est à la fois clair et énigmatique. Il est inscrit dans un alphabet achéen archaïque (le même que sur les monnaies des Serdaioi) sur une tablette de bronze qui était sans doute affichée sur le trésor des Sybarites64. Le texte est le suivant : jArmovcqen oij Subari'tai k joij suvnmacoi k joij Serdai'oi ejpi;; filovtati pista'i k jajdovloi ajeivdion: provxenoi oj Zeu;~ k jojpovlon k jo\lloi qeoi; kai; povli' Poseidaniva.
v 29 - Traité entre les Sybarites et les Serdaioi.
62. L’étalon du monnayage des Serdaioi est achéen (c. 8,1 g) alors que Poseidonia utilise l’étalon poseidoniate (c. 7,60 g). Cf. Brousseau 2007. 63. Hauteur 8-9 cm, largeur 15,2-15,7 cm, épaisseur 5 mm. Musée d’Olympie no 4750. 64. Il est probable que d’autres copies avaient été affichées à Sybaris même, et à Poseidonia ainsi que là où habitaient les Serdaioi, au même titre que la copie de Zeus était déposée à Olympie (celle retrouvée) et sans doute celle d’Apollon était-elle déposée à Delphes. Voir Giovannini 2007, p. 236.
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Traduction65 : Se sont mis d’accord pour établir à tout jamais une alliance loyale et sans tromperie les Sybarites, leurs alliés et les Serdaioi. Témoins : Zeus, Apollon, les autres dieux et la cité de Poseidonia. L’inscription fut initialement datée par E. Kunze entre 530-51066 mais la datation n’est pas admise par tous. L. Dubois suggère une date autour de 50067. Néanmoins, les caractères mêmes de l’inscription semblent renvoyer au dernier quart du vie siècle68. Soulignons avec E. Greco69 que le traité n’est pas nécessairement contemporain des monnaies et que la datation du traité est décisive en ce qui concerne l’interprétation à en donner. Ajoutons qu’on pourrait être tenté de dater l’inscription d’après l’interprétation, ou même, de l’interpréter selon la datation que l’on lui prête. L’influence de Sybaris n’est pas la même avant ou après 510. Une datation après 510 implique par exemple que, malgré la défaite, Sybaris a conservé ses alliés puisqu’ils sont mentionnés dans le traité. Nous y reviendrons. Plusieurs points du traité sont à éclaircir. Outre l’identité (et la localisation) des Serdaioi, il faut se demander pourquoi Sybaris a conclu un traité avec cet ethnos ? Le rôle de Poseidonia est également obscur. Pourquoi est-elle citée comme témoin ou garante (proxenos) au même titre que les dieux ? Pourquoi également une clause temporelle illimitée, ce qui est assez rare ? Ces questions ont suscité une abondante littérature de la part des commentateurs et demeurent toujours ouvertes. L’absence de parallèles rend la tâche difficile. La présence de Poseidonia dans le traité n’est certainement pas le fruit du hasard. Colonie de Sybaris, la cité est située sur le versant tyrrhénien à la frontière sud de la zone d’influence étrusque. À l’époque du traité, entre 530-490, Poseidonia est dynamique et prospère : c’est l’époque où elle inaugure son monnayage et poursuit un important programme architectural. Mais pourquoi figure-t-elle comme témoin ou garante dans le traité ?70 Pour M. Guarducci le rôle de Poseidonia laisse supposer que l’habitat des Serdaioi se situait peut-être à proximité de la cité71. Plus précisément, E. Kirsten a suggéré que les Serdaioi étaient implantés sur la route qui relie Poseidonia à Sybaris72. L’hypothèse est séduisante et pourrait expliquer que Sybaris ait voulu traiter avec les Serdaioi.
65. Traduction de DuBois 2002, p. 40. 66. Kunze 1961, p. 207-210 ; pour arena 1996, Sybaris no 3, p. 24, 550-510. 67. DuBois 2002, p. 36, et qui adhère, p. 38, à l’hypothèse de Greco. Voir infra. 68. Wallace 1970, p. 207 ; Greco, 1996 [1992], p. 67. 69. Greco 1990, p. 54. 70. Dans l’Occident grec archaïque, le sens de proxenos semble avoir un sens particulier comme l’a remarqué Wallace 1970, p. 190. Voir aussi IACP, p. 98. 71. GuarDucci 1969, p. 543. 72. Kirsten 1963, p. 140. Pour isayev 2007, p. 23, leur emplacement doit se situer entre Poseidonia et Vibo (Heiponion, Hipponium).
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E. Greco, qui admet une datation vers 500, donc postérieure à la destruction de Sybaris, a précisé cette hypothèse en affirmant que le traité serait dû aux réfugiés qui seraient partis fonder Laos et Skidros73. Il croit ainsi que les Sybarites auraient justement fondé ces deux colonies sur le territoire même des Serdaioi74. Poursuivons notre analyse du rôle que joue Poseidonia dans le traité. Il est possible que celui-ci soit en rapport avec sa proximité avec les Serdaioi. Il est aussi possible que le traité ait été conclu en terrain neutre, à Poseidonia, et que son rôle de témoin en découle75. Mais la nature exacte de ce rôle demeure obscure. D’ailleurs, le sens que l’on donne au mot proxenos dépend de l’interprétation du texte76. La présence de Poseidonia comme garante au côté des dieux suggère peut-être que son rôle était similaire à celui des dieux. Ce rôle divin a été défini ainsi par A. Giovannini77 : a) veiller au respect du traité ; b) donner la victoire à ceux qui restaient fidèles à la parole donnée ; c) infliger la défaite au parjure. Le rôle de Poseidonia était ainsi peut-être de faire planer une menace de répression en cas de non respect de l’alliance de la part des Serdaioi. Dans ce cas, on serait amené à dater le traité après 510 comme le fait E. Greco. La datation des monnaies des Serdaioi et l’émission conjointe LaosSybaris sont en accord avec cette hypothèse. Localisation des Serdaioi Les indices fournis par le témoignage numismatique nous invitent à chercher à localiser les Serdaioi en Italie du Sud, et donc l’hypothèse de la Sardaigne doit être abandonnée. Leur monnayage s’ajoute dès lors aux nombreux autres monnayages « flottants » de Grande Grèce dont la localisation du lieu d’émission demeure inconnue ou incertaine78. Dans le cas des Serdaioi, il semble qu’ils soient situés entre Poseidonia, Laos et Sybaris, mais les éléments manquent pour en préciser le lieu. E. Greco a intuitivement suggéré d’y voir un ethnos habitant dans la région de Laos, à l’intérieur des terres où l’on a trouvé une inscription paléo-italique (toutikem dipaterem ou toutikemaipoterem) de la fin du vie / début du ve attestant une communauté civique (touta) sur le site de
73. Hérodote, VI, 21, 1. 74. Ibid. Suivi par isayev 2007, p. 144. 75. Pour van eFFenterre 1980, p. 161-175, Poseidonia serait l’objet du traité. Les Serdaioi auraient participé avec les Sybarites à la (re)-fondation de la cité, ce qui n’est pas recevable à notre sens. Toujours pour van eFFenterre, ruzé 1994, no 42 (p. 174-177), en particulier p. 176, les Serdaioi du voisinage de Poseidonia auraient été d’accord pour prendre part ou du moins laisser faire l’opération. 76. D’ailleurs, Giovannini 2007, p. 236, traduit prudemment par proxènes. 77. Giovannini 2007, p. 232. 78. Sur les monnayages incus de AMI-, PAL-MOL (quoique ce site semble à rattacher à Palinuro), SIRINOS-PIXEOS, SO-, voir Parise 2001, p. 139 -143, et horsnaes (à paraître). On pourrait ajouter le rare monnayage à double relief de Kasarion (Casarium) dont deux exemplaires sur trois sont surfrappés sur Crotone.
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Castellucio sul Lao79. L’inscription qui est rédigée en langue osque et utilise l’alphabet grec atteste qu’un groupe indigène avait une conscience ethnicopolitique lui permettant de s’affirmer en tant que communauté80. Il est alors possible que cette communauté ait aussi voulu s’affirmer par un monnayage. La suggestion de Greco est la seule qui tente une localisation précise ; elle est tout-à-fait possible mais rappelons qu’elle demeure dépendante du hasard des découvertes et qu’elle est une suggestion et non une certitude. Les Serdaioi ne sont pas mentionnés dans cette nouvelle inscription et il n’est pas exclu qu’ils aient occupés plusieurs sites. Il est utile de rappeler que le statut de Laos avant 510 est incertain. Le site, d’après le matériel archéologique, est occupé par des indigènes entre la fin du e e 81 vii et la fin du vi siècle . D’autre part, Hérodote (VI, 21, 1) nous informe que les Sybarites s’y sont réfugiés (de même qu’à Skidros) après le désastre de 510. L’hypothèse d’une fondation de Laos par des réfugiés sybarites au lendemain de la destruction de leur cité concorde bien avec tous les éléments du dossier. D’abord, elle permet d’expliquer les motivations ayant conduit au traité (l’octroi d’un territoire de la part des Serdaioi), ensuite elle pourrait expliquer l’apparition d’un monnayage au nom de ces derniers (vers 510-490 av. J.-C.) ; peut-être par une compensation financière ayant, en partie du moins, servi à émettre des monnaies. En outre, une datation du traité après 510 apporte un éclairage sur le rôle joué par la cité de Poseidonia. La plus puissante colonie de Sybaris joua sans doute un rôle de garantie de répression en cas de non respect de l’entente. Les liens entre Poseidonia et les Serdaioi transparaissent également à travers les monnaies. Sybaris ayant vu sa puissance grandement diminuée a vraisemblablement inclus Poseidonia dans le traité en raison de sa participation aux négociations. C’est la meilleure explication de son rôle de proxenos. Il est donc probable, comme le pense E. Greco, que les Serdaioi soient à chercher dans les environs de Laos, et que le territoire où fut fondée la Laos grecque leur appartenait. Conclusion Un seul document fait connaître le nom entier des Serdaioi, le traité trouvé à Olympie. Le texte invite à localiser cet ethnos en Italie du Sud. Il est certain que le monnayage à l’ethnique SER et aux types dionysiaques doit être attribué à ces mêmes Serdaioi, même si nous avons dû réattribuer l’hémiobole SERD à
79. Greco 1990, p. 53. Voir également p. 54 pour une datation fin vie / début ve siècle de l’olla qui porte l’inscription. De plus, cette région nous a récemment fourni une autre inscription paléoitalique en langue osque et alphabet grec, qui pose cette fois quelques problèmes de déchiffrement, mais qui atteste elle aussi d’une communauté hellénisée qui utilise l’écriture. Voir M. L. lazzarini, P. Pocceti (éd.), Il mondo Enotrio tra il VI e V secolo a. C. Atti dei seminari napoletani (19961998): L’iscrizione paleoitalica di Tortora, Naples, 2001. 80. Polosa 2000, p. 54. 81. Greco 1990, p. 47 ; IACP, p. 272.
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Poseidonia. La trouvaille d’un exemplaire dans le trésor de Calabre nous conduit également vers la Grande Grèce et l’étalon monétaire utilisé, confirmé par la drachme, nous assure qu’il s’agit bien d’un monnayage qui se rattache à la péninsule. L’ethnos semble fortement hellénisé au moment où il émet ce monnayage ; la typologie des monnaies en témoigne, de même que l’utilisation de l’aphabet grec, mais surtout l’usage même de la monnaie et l’existence de rapports politiques avec Sybaris que le traité atteste de son côté. Celui-ci fut probablement conclu au moment de la fondation de Laos et les Serdaioi sont à chercher dans cette région. L’analyse stylistique et technique permet d’autre part de préciser la chronologie de ce monnayage. La technique, en particulier le diamètre des flans et les listels, le style, en particulier les rapprochements avec les monnaies de Poseidonia, et le trésor convergent tous vers une datation au tournant du vie siècle, entre 510 et 490 av. J.-C.
CATALOGUE Statères : 1 D – 1 R (figures 1-4) 1a) Paris, BN, De luynes 113882 (24 mm, 7,95 g, 1 h) = Th. mionnet, Description des médailles antiques, grecques et romaines avec leur degré de rareté et leur estimation. Supplément. Tome I : Europe, 1819, p. 400 et pl. IX, 39 (non illustrée) = Duc De luynes, RN, 1859, 348 = E. BaBelon, pl. 72, 22 = J. De Foville, RN, 1906, 445 (pl. XV, 10) = C. M. Kraay – M. hirmer, pl. 79. = M. GuarDucci, Epigrafia Greca II, p. 696, fig. 252 = G. PuGliese carratelli (éd.), Grecs en Occident, [Catalogue publié à l’occasion de l’exposition « I greci in Occidente » au Palazzo Grassi, Venise, 24 mars – 8 décembre 1996, Milan, 1996, p. 157. 1b) Londres, BM (24 mm, 7,91 g, 12 h) (ex collection Wigan, achetée 1872. De la trouvaille de Calabre 1863 (IGCH 1887) = BMC p.395.1 = L. R. Farnell, The Cults of the Greek States, vol. IV, Oxford, 1907, pl. monnaies, 20 = C. M. Kraay, Archaic and Classical Greek Coins, 1976, pl. 38, 662 = E. Piras, 1996, 218 = N. K. rutter, Greek Coinages of southern Italy and Sicily, 1997, 3 (p. 26) = HNI 1717. 1c) M�nzhandlung Ritter, FPL 84, juillet 2009, lot 277 (3,30 g) *fragment de statère.
82. Les monnaies des Serdaioi de la collection de Luynes furent répertoriées dans l’inventaire manuscrit rédigé par H. Cohen, vers 1878, sous Merusion. Je n’ai pas trouvé de traces d’acquisition de l’hémiobole de Paris dans les inventaires. Par ailleurs, ce dernier était encore à ce jour, classé dans le médaillier sous Sergentium.
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Drachme : 1D – 1R (figure 12) 2) Gorny & mosch 169, 13 octobre 2008, lot 10 (16 mm, 2,37 g). Trioboles : 3D – 2 R (figures 7-9) 3a) Gorny & mosch 155, 5 mars 2007, lot 13 (12 mm, 1,22 g). 3b) Paris, BN, De luynes 1139 (11 mm, 1,19 g). 3c) F. sternBerG & G. aPParutti XVIII, 20-21 novembre 1986, lot 21 (11 mm, 1,23 g). 4a) Alpha Bank 9629 (12 mm, 1,35 g, 9 h) = NAC, 13 (Sammlung Ludwig), 8 octobre 1998, lot 164 = leu 22, 8-9 mai 1979, 6. 4b) F. sternBerG XXXIV, 22-23 octobre 1998 (1,30 g) = E. J. WaDDell 2005. 5) Polosa 2000, 5 (11 mm, 1,25 g) = Piras 1996, 219 = Piras 1985, 117. Oboles : 1D – 1R (figure 10) 6a) ANS 1991-33-1 (9 mm, 0,45 g, 12 h) (ex Franck L. Kovacs, 5 décembre 1991)83. 6b) NAC, 27, 12 mai 2004, lot 61 (9 mm, 0,31 g). Hémioboles : 2D – 3R (figures 11) 7a) Naples, Fiorelli 2593 (7 mm, 0,18 g). 7b) M�nzen und Medaillen, Bâle, liste 406, novembre-décembre 1978, lot 6 (0,26 g). 7c) Paris, BN, fonds général 1104 (0,24 g). 7d) Polosa, 2000, 11 (7 mm, 0,25 g) = Piras 1996, 22084 = Piras 1985, 118.
83. C. Arnold-Biucchi mentionne un autre exemplaire des mêmes coins dans une collection privée (0,33 g). Peut-être s’agit-il de l’exemplaire NAC, 27, 12 mai 2004, 61 (0,31 g). 84. E. Piras, Le monete della Sardegna. Dal IV secolo a.C. al 1842, Sassari, 1996, indique un trihemitetartemorion.
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ADDENDA Après avoir soumis le manuscrit de cet article, une nouvelle monnaie des Serdaioi est apparue sur le marché. Le nouveau triobole (12 mm, 1,24 g), frappé avec les mêmes coins que les exemplaires de la figure 7, porte désormais le total des exemplaires connus à dix-sept.
Figure 30 - Gorny et Mosch 185, 8 mars 20, 7.
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