Le trésor de Damanhour (IGCH 1664) et la circulation monétaire en Egypte hellénistique more

dans F. Duyrat, O. Picard (éd.), L’exception égyptienne ? Production et échanges monétaires en Egypte hellénistique et romaine. Actes du colloque d’Alexandrie, 13-15 avril 2002, Etudes alexandrines 10, IFAO, Le Caire, 2005, p. 17-51.

Etudes alexandrines 10 - 2005 Directeur de la collection: Jean-Yves EMPEREUR. xception egyptienne: Production et echanges monetaires en Egypte hellenistique et romaine Actes du colloque d'Alexandrie, 13-15 avril 2002 edites par Frederique DUYRAT et Olivier PICARD EXTRAIT INSTITUT FRANCAIS D'ARCHEOLOGIE ORIENTALE > Frederique Duyrat Le tresor de Damanhour (IGCH 1664) et revolution de la circulation monetaire en Egypte hellenistique he publication of this great find of some 8 000 tetradrachms was a turning point in X. posthumous coinage" observair M.J. Price dans sa somme sur le monnayage d'Alexandre '. Aussi tenter d'ecrire un article sur ce sujet est-il particulierement ambitieux. Les publications qui se sont fondees sur les classifications de ce tresor sont legion, les etudes qu'il a suscitees, les data- tions qui s'appuient sur sa date d'enfouissement, bref, l'essentiel de notre connaissance du mon- nayage d'Alexandre trouve ses racines dans les reflexions d'E.T. Newell sur cette trouvaille. Ecrire une synthese sur cette masse de donnees pourrait faire l'objet d'un ouvrage compler. L'objectif de cet article est bien plus modeste. Je souhaiterais faire le point sur quelques aspects du tresor de Damanhour sur lesquels s'appuient nos reflexions sur les alexandres de la fin du IVe siecle et situer ce vaste ensemble dans son contexte historique et monetaire. 1. INTRODUCTION 2 Les inventeurs du tresor de Damanhour n'ont jamais ete retrouves. Le lieu exact et les circons- tances de sa decouverte, de meme que le nombre precis de pieces qui le composaient, doivent etre reconstitutes par deduction. Damanhour est seulement la ville oil les premiers lots sont apparus dans le commerce et le tresor a sans doute ete decouvert aux environs, vraisemblablement a la fin de l'annee 1905. Les monnaies devaient etre enfermees dans plusieurs jarres de terre car certaines Frederique Duyrat, universlre d'Orlcans et centre E. Bnbelon de France, pour les facilltes d'acces au medaillier et § la (UMR 5060, CNRS). bibliotheque qu'ellc m'n donnees au cour.s de la redaction 1991. p. 52. de cet article. Je liens a exprimer ma »ratitudc a Dominique Gerin. conser- vatrice an Cabinet des medailles de la Bibliotheque nationale Alexander numismatics, paving the way for a clear appreciation of the lifetime and early Hrni/t'.s (dc.wmdi/iic's 10 - 2005 khedf.hiquh dl'yrat d'entre elles etaient encore recouvertes d'une epaisse couche d'oxyde dans laquelle etaient pris des fragments de terre cuite, Tun des recipients ayant apparemment ete casse durant son sejour dans le sol 3. L'excellente condition de I'ensemble des monnaies indiquerait cependant que la pi u pa it des con tenants ont bien resiste. E.T. Newell avait propose une premiere etude du tresor dans ['American Journal of Numismatics de 1911 et 1912. Entre 1912 et 1923, «several thousand more coins from the find have since been seen and studied by the writer"'», 50 varietes nouvelles sont apparues et l'auteur a procede a des corrections dans ses attributions. Des lots du tresor ont ete acquis par des collectionneurs: E.T. Newell en premier lieu, mais aussi R. Storrs, F.M. Endicott, A. Khayat, le Dr Pozzi, P. Saroglos et E.J. Seltman. Le British Museum, le Royal Ontario Museum de Toronto et ['Hermitage, a Saint- Petersbourg, ont fait entrer des monnaies de Damanhour dans leurs collections. Enfin, des lots sont passes en vente chez E. Bourgey (Paris), J. Schulman (Amsterdam), Spink and Son (Londres), J. Hirsch (Munich), Egger (Vienne) \ E.T. Newell a entretenu une correspondance avec M. Dattari, an Caire, qui lui a donne des informations sur le con ten u suppose du tresor tel qu'il etait possible de le restituer depuis I'Egypte 6. Par la suite, les differents groupes de tetradrachmes de Damanhour ont ete disperses, vend us ou donnes a des musees. Au total, en 1923, 4 826 tetradrachmes provenant de ce tresor avaient ete recenses et E.T. Newell estimait que 200 a 300 autres tetradrachmes vus dans diverses collections pouvaient encore appartenir a cet ensemble. Le content! initial du tresor pourrait avoir ete de 8 000 monnaies environ, bien que des hypotheses plus hautes aient ete avancees '. O.H. Zervos a public en 1980 une liste complementaire dressee par E.T Newell a partir de I'examen de diverses collections privees H. El le fait connaTtre I 125 tetradrachmes supplemental res, portant le total a 5 951. Deux autres lots pourraient provenir de Damanhour. Le tresor de Kasr al-Danar (/CCH 1674) est presente com me tel dans fGCH, mais sans aucune precision. II etait compose de 1 700 tetra- drachmes d'Alexandre et aurait ete decouvert avant 1905. Son enfouissement remonterait aux annees 325-300 (?). Le sort de cette trouvaille et le detail de sa composition etant inconnus, on ne petit que la mentionner sans en titer de conclusion. J.M.F. May a, quant a lui, acquis 69 tetradrachmes d'Alexandre au printemps 1951 9. Leur etat lui semble tres proche de certains lots americains et britanniques du tresor de Damanhour, opinion confirmee par d'autres specialistes. Ce nouveau lot porterait a 6 020 le nombre de monnaies connues pour ce tresor (tableau I). En l'absence d'autre confirmation, j'ai neanmoins fonde mes calculs sur les seules publications d'E. T. Newell et O.H. Zervos. Nhwki.1. I()23. p. 23-2-1. planchc I. " New ULL p. I<»5; I'M 2. p. Ill ["2 3, p. 10-11. Ni-wnu. 1923, p. I. La premiere publication ne reperroriair 7 Nlwu-I. 1(>23. p. 10. en effet que 2 645 monnaies. s ZERVOS 1980, p. 185-188. Newell 1923, p. 2-5. " may 1052. DEVOLUTION 01: I. A CIRCULATION MONETAIKE 1; N EGYl'TE II E I-1.1: N I S T I Q U I- Tableau 1 Atelier Lot May Nouveau total Damanhour Amphipolis 25 2 030 Lampsaque 4 14 Mi let 3 80 Phaselis ou Side 3 192 Tarse 5 55-1 Kilion 1 143 Paphos 1 25 Amathonte 2 43 Damas 3 431 Babylone 1 821 Alexiindfie 21 186 Total 69 6 020 Eh fin, PRICE 1991a, indique ['existence d'un alexandre de style barbare appartenanc au tre- sor de Damanhour actuellement conserve dans la collection du British Museum. 11 ne donne aucune indication sur les motifs qui justifient cette attribution 10. Par ailleurs, il est possible que 10 tetradrachmes de Ptolemee I01' au type d'Athena Alkidemos aient aussi fait par tie du lot, mais E.T. Newell n'en a jamais eu 1'assurance. II est actuellement difficile de localise!" les exemplaires du tresor de Damanhour qui ne sont pas entres dans des collections publiques. Parmi celles-ci, l'American Numismatic Society detient le groupe le plus important: l'inventaire accessible par I'intermediaire du site electronique de la societe indique quelle possede actuellement 490 pieces repertoriees sous 1'appellation Daman- hour, mais cette liste devra etre veririee car il existe plusieurs tresors de Damanhour ". Le British Museum possede le second lot en importance avec 240 exemplaires l2. Un troisieme ensemble de 70 tetradrachmes est conserve au Royal Ontario Museum a Toronto n. II ne semble pas que le Cabinet des medailles de Paris ait acquis de pieces de ce tresor, bien qu'Emile Bourgey en ait ete I'un des principaux pourvoyeurs en Europe. Le registre des dons faits a la Bibliotheque nationale indique que M. Dattari (Le Caire) a offert 28 tetradrachmes d'Alexandre au Cabinet des medailles en juillet 1909 11 ne s'agit pas d'un lot unitaire venu de Damanhour car il contient des monnaies d'ateliers qui n'apparaissent dans aucun des inventaires du tresor lD. 11 est possible que certaines pieces proviennent isolement du tresor mais rien ne les distingue "\ Price 1991 a. p. 52 et 506. IGCH 1637. 165-1 et 1671. Prick 1991a, p. 52. NnwEU. 1923. p. 4: CH VII (1985) -19. lU-»istre des dons. V 1909-1961. |l- remercie M. Michel Ainandry. directeur du Cabinet des medailles de la Biblio- theque nationale de France, de m'avoir autorisee a depouiller les re^istres d"acquisitions et de dons des annees 1905-1923. 1 Par exemple le n" 37 est un alexandre rhodien. " NEWELL 1911, p. 194, indique que dans les annees 1906-1907, a la suite de la decduverte du tresor de Damanhour, rnfflux d'alexandres sur le marche ej»yptien fut tel qu'il en lit chuter la valeur marchande. FHEDnitlQUH I) U VII AT 2. IDENTIFICATIONS (CARTE 1) Le tresor de Damanhour est Line reference essentielle dans nos classifications des tetradrachmes d'Alexandre qui y renvpient toutes directement ou indirectement. Les deux grandes etapes de sa publication sont l'ceuvre d'E.T. Newell en 1911/1912 et 1923, avec des avancees substantielles entre ces deux dates. Les nouveautes de la liste complementaire publiee par O.H. Zervos en 1980 appartiennent a des varietes rares ou sont seulement des variantes de marques de controle dans des series deja connues. Cette qualite du recensement tient au fait que, des ['apparition du tresor sur le marche egyptien, F.M. Endicott et R. Storrs qui se trouvaient en poste en Egypte se sont employes a rassembler toutes les varietes qu'ils ont pu trouver et qu'ils en ont tenu E.T. Newell informe, lui- meme recherchant tous les exemplaires acquis par des collectionneurs ou des marchands ''. Estimant que letude anterieure de MOLLER 1855 etait "misleading in the majority of its attributions", E.T. Newell a adopte line autre methode de travail l8. Comme son predecesseur, il a tout d'abord procede a des regroupements geographiques en prenant en compte le style et la fabrique des tetradrachmes l9. -The material at our disposal has been divided among the nine large geographical divisions in which there were active mints during the reigns of Alexander the Great and Philip Arrhidaeus. [...] Under these headings the coins have been again subdivided into series, each series attributable to one mint2l).» E.T. Newell souligne les differences de style d'une region a l'autre: elles permettent de regrouper les emissions malgre la Constance des types 2I. Mais la grande nouveaute de sa methode est ['utilisation des liaisons de coins comme critere definitif d'attribution de deux series differences a un meme atelier: - If two coins, with varying symbols on their reverses, have their obverses from the same die, they must necessarily be from the same mint 22.» Ce principe, meme si on peut le discuter pour certains cas exceptionnels, lui a permis deviter la dispersion des frappes d'alexanclres entre une multitude d'ateliers, caracteristique du catalogue de L. Mi'iller. Les articles de 1911 et 1912 ne contiennent encore que les reflexions preliminaires d'E.T Newell. Elles trouvent leur achievement en 1923 dans la publication magistrate du tresor. Entre ces deux dates, le tresor de Damanhour a suscite chez cet auteur un interet ties vif qui l'a conduit a multiplier les publications sur le monnayage aux types dAlexandre: il a fait paraTtre pas moins de sept articles et livres traitant de ce sujet de maniere directe dans cette periode de New l l.L 1923. p. 12. NEWELL 1911. p- I: «Mulier's classifications under various cities have had to he discarded except in the cases of Aradus. Sidon, Ake. and Damascus where his attributions are un- doubtedly correct*, p. 195. MOLLER 1855. consacre de longs developpements a sa me- thode de classement qui porte une attention particuliere aux symholes et monogrammes (p. 35-47 et 104-113). au style et a la fahrique (p. 97-104) et aux lieux de trouvaille des bronzes er des petites denominations d'argenr (p. 113-116). Ce souci du moindre detail le conduit a dissocier des emissions dont E.T. Newell a demontre qu'elles appartiennent en fair au meme atelier, ma is elie marque tin proyres tres net par rapport au recueil de Mionnet 180h qui ne distingue que 28 ateliers en se fondant sur les symholes el monogrammes les plus faciles a interpreter. Les a litres monnaies son! classees selon leur legende (avec ou sans litre royal), la date supposee etre indiquee par les lettres qui apparaissent au revers, etc. -° NBWEU 1923, p. 13. 21 Dans de rares cas. la tete d'Heracles, au droit, est tournee a gauche. Au revers. Zeus a d'abord les jambes paralieles, puis la jamhe droite repliee derriere la gauche. - Newell 1911, p. 2. DEVOLUTION l)l LA CIRCULATION M O N I: I AIRE EN ECiYI'TE 11 E 1.1. E N I S T I Q U E onze ans, sans compter ses autres travaux 23. Ses centres d'interet ont alors surtout porte sur les ateliers orientaux: Tarse, Myriandros, Chypre, Sidon et Ake, et sur la circulation monetaire en Egypte telle quelle nous est connue par les tresors. C'est d'ailleurs dans ces deux doinaines que I'ceuvre d'E.T. Newell a tenu une place deter minante: les monographies d'atellers fondees sur des etudes de coins et letude des tresors. De cette maniere, il a pu proposer des attribu- tions solidement etayees et une datation tres sure du tresor de Da man hour. Cest pourquoi il renvoie a ses precedents travaux sur les monnayages d'Alexandre et a d'autres a venir (p. 143, Babylone), la publication du tresor ne lui paraissant pas etre le lieu de discussions de fond sur les identifications et la production. C'est pourtant le tresor de Damanhour qui a donne l'impul- sion et le materiel qui lui ont perm is d elaborer ses hypotheses et d'assurer sa classification. Celle-ci a etc1 largement reprise et commentee. 11 est done difficile d'en presenter un tableau exhaustif dans le cadre d'un simple article, d'autant plus que nombre de commentaires ont ete faits dans des publications qui netaient pas explicitement consacrees aux alexandres. II ne saurait etre question de presenter ici une monographic complete de chaque atelier. Je me suis done limitee a quelques remarques sur certains ateliers desormais mieux conn us ou qui posent un probleme. Le postulat de depart d'E.T. Newell eta it qu'Alexandre n'avait que rarement ouvert de nouveaux ateliers. La plupart du temps, il aurait reutilise ceux qui existaient anterieurement en leur donnant seulement de nouveaux types a frapper. Les ateliers ayant une frappe «imperiale- (seules les marques des monetaires sont indiquees) devraienr etre distingues de ceux ayant une frappe «municipale > (le marquage traditionnel de la cite ou de son souverain est maintenu) qui sont pour I'essentiel situes en Phenicie et a Chypre 2'>. C'est a partir de I'ensemble de ces considerations historiques, stylistiques et techniques qu'E.T. Newell a construit son classement du tresor. Si on compare ses identifications (colonne de gauche du tableau 2) a celles proposees dans le catalogue de PRICE 1991a (colonne de droite), on observe que fort pen de changements ont ete proposes en 68 ans. E.T. Neweu., • Some Cypriote 'Alexanders' •, NC (1915), p. 294- 322; id., The Dated Alexander Coinage of Sidon and Ake, New Haven, 1916; id.. ■ The Alexandrine Coinage of Si nope -, AIN 52 (1918). p. 117-127: id.. -Tarsos under Alexander., AJN 52 (1918), p. 69-116; id.. - Myriandros - Alexandria Kat'lssum . A)\' 53 (lc»lc>). p. l-}2; ft!.. - Additions (o the Delta (Benha el-AsI) Hoard -. NC (1921); id.. Alexander Hoards. Introduction and KxjHnissia Hoard. ANS 3. New York. 1921. ■ We are therefore led to suppose that the use of special marks of origin show this coinages to be a municipal rather than an imperial undertaking',neweu. 1923. p. 18. Sur cette distinc- tion, il fuiit apporter une nuance. En effet, un ateliercomme celui d'Arados a utilise, sur les alexandres, des marques incontestahlemenl anterieures a I'arrivee d'Alexandre (M' pour ■ royaume d'Arwad-, et peui eite T comme iniriale de son roi, Gerostratos). ce qui le range dans la categoric des frappes de nature • municipale-. inais sa production est tofalement conditionnee par les hesoins de I'Empire et les ordres des Macedoniens. Voir DUYRAT, sous presse. i'rederique duyrat Tableau 2 Newell (ex.) Zervos (ex.) Price (n°) Amphipolis. 1-1582 (1582) 2005 (33.69 %) 1, 4-6. 8-14. 20-23, 29. 32. 36-39. 43-44. 48. 51, 57-59, 61. 65-67. 70-71, 73. 75-76, 78-79. 83-84, 87. 89, 93. 99, 103-106, 108-124. p. 89-102; 425, p. 130-138 Pella. 1583-1638 (56) 63 (1,05 %) 204-206. 210-211, 213-214. 216-218, 220. 222-223. 227-228, 230, PI, 231; p. 111-116 Macedoine on Thessalie. 1639-1648 (10) 12 (0,20 %) Sicyone. 1649-1675 (27) 41 (0.68 %) Aigeai. 189. 195. 199-200; p. 109-111 «Propontide». 1676-1747 (72) 96 (1,61 %) Lampsaque. 1342, 1344. 1346, 1351, 1355, p. 209-220 Abydos. 1498, 1500, 1507. p. 225-234 Sardes. 1748-1750 (3) 4 (0,06 %) 2540, 2544. 2549. p. 320-337 Mi let. 1751-1818 (68) 77 (1,29 %) 2086-2087, 2099. 2105. 2108-2109, 2120, p. 276-291 Phaselisou Side. 1819-1973 (155) 189 (3,17 %) Side (?). 2948-2949. 2951-2953. 2955. 2958. 2960, 2964. PI20, p. 363-366 Tarse. 1974-2435 (462) 549 (9,22 %) 2990. 2993-3001. 3011-3012, 3016-3019. 3023-3027, 3033-3034, 3036-3039. 3042, 3044. 3047. 3050-3053, 3055, p. 369-378 Salamtne. 2436-2544 (109) 132 (2.21 %) 3139, 3142. PI29, p. 390-395 Kirion. 2545-2666 (122) 142 (2,38 %) 3106-3108, 3110, p. 384-386 Paphos. 2667-2682 (16) 24 (0.40 %) 3116, 3118-3123, p. 388-389 Amathonrc. 2683-2714 (32) 41 (0.68 %) 3086. 3091, 3094-3097, 3106-3108. 3110, p. 382-384 Marion. 2715 (1) 1 (0,01 %) Marion (?). 3115. p. 387 Soli (?). 2716-2718 (3) 3 (0,05 %) 3190, p. 396 Myriandros. 2719-2896 (178) 207 (3.47 %) 3217-3221. 3223. 3228-3231 A. 3233. 3234. P133-PI34. p. 401-404 Hierapolis. 2897 (1) 1 (0,01 %) 3216. p. 401 Damas. 2898-3266 (369) 428 (7,19 %) 3197-3204. 3206-3215. p. 398-401 Came. 3267-3268 (2) 3 (u.od %) 3429-3430, p. 432 Arados. 3269-3585 (317) 371 (6.23 %) 3303-3305. 3307-3309. 3316. 3320-3328, 3332. p. 414-429 By bios. 3586-3652 (67) 80 (1.34 %) 3421. 3424. 3426. p. 430-431 Berytos. 3653 (1) 1 (0.01 %) 3412, p. 429430 Incertain Phenicie. 3654-3655 (2) 2 (0.03 %) L'LVOLUTION 1JE LA CIRCULATION MONETAIliU Y.N [•OYl'TE H E L Lk N I ST 1 Q U li Newell (ex.) Zervos (ex.) Price (n°) Sidon. 3656-3768 (113) 133 (2,23 %) 3467-3468. 3474-3475. 3479. 3481, 3483, 348 5, 3487. 3491, 3495, 3498, 3501, P169. P172, P175, p. 435-444 Ake. 3769-3975 (207) 256 (4.30 %) 3238-3241, 3244, 3248. 3250, 3252, 3254. 3256. 3260, 3262, 3265, 3271-3272, 3274-3275, p. 405-414 lncertain Est. 3976-3979 (4) Nagidos. 3976-3978 Chypre (?). 3979 5 (0,08 %) Nagidos. 2988-2989. p. 369. lncertain de Phenicie. 3572. p. 447-148 Babylone. 39804609 (630) 820 (13,77 %) 3578-3579, 3581, 3583-3589, 3599, 3601-3602, 3608-3646, 3648-3661, 3663, 3665-3670, 3673-3674, 3676, 3678-3687, 3692, P181, P186, PI89, P194. PI97, P200. p. 453-479 Alexandria 4610-4826(217) 265 (4.45 %) Memphis. 3964, 3970-3971. 3974. 3976, p. 496499 Total. 4826 5951 Imitations. B23, p. 506-510 TrOXELL 1971 a montre qu'il fallait situer en Macedoine les frappes d'nlexandres que Newf.ll, Noe 1950 avaient placees a Sicyone 2:>. M.J. Price, se fondant stir tine particularity rare de ces tetrad rachmes — 1'aigle de Zeus tourne parfois la tete en arriere — les rapproche des tetrad rachmes a 1'aigle de Philippe 11 et propose d'y voir la marque d'Aigeai, «The attribution of the 'eagle' coinage cannot be fixed with certainty, but there is a distinct possibility that the Alexander issue 185-200 came from a traditional capital of the Argead dynasty 2(>.» price 1991a est aussi partisan de situer i'atelier egyptien a Memphis piutot qua Alexandria mats cela reste une hypothese. La deuxieme attribution qui a ete serieusement discutee concerne la Phenicie du Sud. E.T. Newell interpretait les lettres pheniciennes ' et K de certains alexandres com me les initiates de la cite d'Ake. A notre connaissance, celle-ci n'a pas acctieilli d'atelier monetaire perse. 11 s'agirait done d'tine ouvertufe par Alexandre qui y aurait transfere tin gravetir de Sidon. Motif de cette inauguration:«to take the place of the one in the distroyed city of Tyre 2/». A. Lemaire a propose tine autre interpretation de cette inscription phenicienne qui pour rait etre tine abreviation par suspension du nom du roi regnant a Tyr an moment de la conquete macedonienne: Azemilkos 28. Cette hypothese est appuyee stir tine serie d'argtiments chronologiques et epigraphiques qui ont ete combattus avec energie par M.J. Price 29, mais qui n'en demeurent pas moins ties interessants. lis permettraient de restittier a Tyr tin monnayage dont elle serait autrement entierement privee entre 332 et 305 en favetir de la cite d'Ake qui parait pourtant bien secondaire avant l'arrivee d'Alexandre. G. Le Rider sotiligne que -les arguments d'A. Lemaire sont tout a fait dignes de consideration^ et qti'on ne petit les rejeter d'un trait de plume 30. Enfin, trois petites series restent stijettes a caution: celles d'Hierapolis (?), Came et Nagidos (?). Chacune d'entre elles n'a en effet circtile que dans le tresor de Damanhotir avec setilement 1 a 4 exemplaires. E.T. Newell indique que son attribution d'un unique tetradrachme a Hierapolis«is still TROXELt 1971. p. 44: "A third mint in Macedon or possibly one to the East*. Prick 1991a. p. 110. newell 1923. p. 134. Lemaire 1976. p. 17. Price 1979 et Price 1991a, p. 405-407. U Rider 1992, p. 222. C'est pour cette riiison que niii carte 1 mentionne les deux cites comme provenance possible. i- ii bd eriq u k i) u vii at open to the doubt". Elle est esseiitiellement fondee sur Ie style de la piece et ['existence d'un atelier monetaire perse dans cette cite, a I'origine notamment d'une etonnante serie au nom d'Alexandre en arameen 3I. Les trois tetradrachmes de Carne sont situes dans ['atelier de cette cite avec plus de fermete: le style est tres proche de celui d'Arados, ie monogramme conviendrait a Came (KAR) et la ville ne paratt pas fa ire partie des possessions aradiennes en 333 puisqu'elle n'est pas citee dans la liste qu'en dresse Arrien i2. En fin, quatre tetradrachmes marques d'une grappe de raisin pourraient provenir de Nagidos dont des stateres portent ce type. lis ont un style oriental qui conviendrait 3). Dans ces trois cas, le style joue un role important dans ['attribution qui n'en reste pas moins fragile. L'ouverture d'ateliers aussi mediocrement actifs et dont les frappes ne se retrouvent que dans le tresor de Damanhour conduit a se demander s'il ne s'agit pas de variet.es rares d'ateliers deja reconnus. Le cas de Carne, le plus sur selon E.T. Newell, me paraTt assez douteux. La produc- tion de tetradrachmes de cet atelier est derisoire: je n'en connais que neuf exemplaires frappes avec trois coins de droit. E.T. Newell la justifie ainsi: -If then the ancient city of Carne claimed independance when Alexander arrived in Phoenicia, it is likely that she imitated her larger neigh- bor |Arados] and struck coins of the Alexander type. Because of her lesser importance the series is probably small H» Cette argumentation me paraTt difficile a soutenir. El le s'appuie sur I'idee que les ateliers de Chypre et de Phenicie frappant des alexandres avaient conserve plus d'independance que les a litres, ce qui les fait qualifier de «municipaux» par E.T. Newell. Ce point de vue ne me paraTt pas dependable: la production d'alexandres aradiens est essentiellement conditionnee par les besoins du sou vera in macedonien, c'est-a-dire quelle prend des proportions considerables au moment oil il demobilise ses armees, puis durant les guerres des Diadoques qui ont maintenu les ateliers ouverts a leur avantage. Sous domination seleucide et malgre son autonomic reconnue depuis 259, les frappes de tetradrachmes et de drachmes de I'atelier aradien elites autonomes sont, elles aussi, entierement conditionnees par les besoins des rois de Syrie, particulierement durant leurs guerres avec les Lagides. II faut attendre le dernier tiers du llc siecle pour que la production de tetradrachmes ne se fasse plus qu'en fonction des besoins de la cite 35. Dans ces conditions, on peut difficilement defendre I'idee que les frappes d'alexandres ne se soient pas faites directe- ment sous le controle du souverain argeade et il est done tres peu probable que Carne ait ouvert de son propre chef un atelier — qui n'existait d'ailleurs pas a l'epoque perse — seulement pour marquer sa volonte d'independance a legard de sa puissante voisine. Cette petite emission reste done etonnante. S'il faut absolument la maintenir a Carne, on pourrait, peut-etre, la mettre en rapport avec le bref passage d'Alexandre en 333/332. Mais lenorme production de I'atelier insu- laire a rapidement rendu derisoire et injustifiee I'existence de ce rival continental. L'afelier de Soli presente un cas de figure different. E.T. Newell — soulignant le caractere conjectural de son analyse 3h — fait un rapprochement entre Ie style oriental de trois pieces du tresor de Damanhour et le symbole du caducee qui pourrait etre celui du roi Eunostos de Soli Ni:\\ i:i.l lc'23. p. 114-115. Prick 1991a. p. 401 rcprend simpk-- m<?nt les arguments d'ET. Newell. Anabase, II, 13. 7. Newell if>23. p. 117-1 if>. Price 1991a. |). 432 reprcnil hi aussi les arguments ti'lf.T. Newell. NEWELL 1923. p. 139-140. PRICE 1991a. p. 469, d'apres E.T. Newell. M Newell 1923. p. 117-I18. 56 Dl vrat 2003 et sous presse. !" price 1991a. p. 396. conlinne que ccrtc attribution est tres discutable. sans cepentlant en proposer d'autre. INVOLUTION DS LA CIRCULATION MONETAIKE EN EGYI'TE II 1:1.1. E N I ST 1 Q U E (330-310) 37. Cette petite serie n'apparaissant que dans le tresor de Da man hour, la production de I'atelier semblait derisoire. Or l'attribution par E.T. Newell d'alexandres d'argent et d'or marques d'une proue a Amathonte a ete contestee plusieurs fois. Un statere de cette serie portant les lettres 10 recemment publie par H.A. Troxell semble indiquer que cet ensemble relativement abondant pourrait en fait venir de Soli 38. Ceci donnerait une importance jusque la insoupcon- nee a I'atelier de Soli: les monnaies a la proue sont conn ties dans pas moins de douze tresors. H.A. Troxell y Insiste: «Soli must now be recognised as the third most important Cypriot Alex- ander mint in the years around 323.» Le role de cette cite a ete minimise par E.T. Newell en depit des sources litteraires qui la mettent souvent au premier plan en l'associant de maniere repetee a Sa la mine V). Ces exemples de critique des attributions d'E.T. Newell restent peu nombreux et c'est plutot l'unanimite des specialistes du monnayage d'Alexandre qui est remarquable. II n'est que de lire les passages de M. Thompson sur I'atelier d'Abydos pour sen convaincre, cas particulierement interessant car il n'est pas devcloppe dans Demanhur. - Newell has left no details assigning the issues that follow to Abydus but among his unpublished papers is a notation to the effect that Abydus was an active autonomous mint and likely to have continued under Alexander who usually converted autonomous mints into royal ones when situated in cities of strategic importance ",0. * Ce principe qui fonde nombre d'attributions d'E.T. Newell est done repris: Abydos et Lampsaque sont designes com me origine de ces emissions quand la publication du tresor de Damanhour se limitait a une designation plus vague: la Propontide. De me me, H.A. Troxell termine rintroduction de son ouvrage sur les alexandres macedoniens par ces mots: tin general, then, this study of the silver coinage does not differ greatly from Newell's thinking, but it provides a more complete description than has hitherto been available of the four series of silver coins and of their interrelations and a slightly revised chronology '".» H.A. Troxell reprend en les completant les groupes recenses dans Demanhur et propose une solide etude de coins, mais elle ne discute pas I'identifkation du ou des ateliers macedoniens reunis par E.T. Newell sous le nom d'Amphipolis. M.J. Price I'a remise en cause pour proposer de repartir les frappes macedoniennes d'Alexandre entre trois ateliers (Pella, Amphipolis et Aigeai), mais TROXELL 1997 et Le Rider 1998 contestent ces revisions et defendent le classement d'E.T. Newell, tout en reconnaissant qu'il n'existe toujours pas d'argument decisif en faveur d'Amphipolis. Babylone offrait peut-etre d'autres perspectives, mais le doctorat presente sur cet atelier par N.M. Waggoner en 1968 a la Columbia University de New York n'a jamais ete publie. II faut done se contenter de son article de 1979 sur ce sujet, mais il ne fait aucune reference a E.T. Newell. Son objet est plutot de presenter une nouvelle methode de classement des coins. II ne mentionne pas le tresor de Damanhour. Newell 1923. p. 111. * Thompson 1991, p. 41. Troxell 1996 et surtout 1998. 41 Troxell 1997, p. 18. Troxell 1998. p. 343-344. I Kl: DEHigUi: I) U VII A T Sur 28 ateliers identifies par E.T. Newell, seuls deux sont done serieusement contests: Sicyone et Ake. Ses attributions sont consiclerees, clans leur ensemble, comme ties solides et ont rare- ment ete remises en cause. Le volume du tresor cle Damanhour, la qualite des identifications qui! a permises amenent a se poser la question de savoir s'il est representatif de l'ensemble de la production d'alexandres du vivant du conquerant et dans les annees qui suivent immediatement sa mort. 3. REPRESENTATIVE DU TRESOR 3.1. Etudes de coins Dans sa publication de 1923. E.T. Newell proposair de mettre en relation, pour chaque atelier qu'il avait etudie en detail, le nombre de monnaies presentes dans le tresor et le volume de la production. - These totals have been secured from a study of thousands of Alexander's tetradrachms preserved in the various public and private collections of Europe and America '12.» D'autres etudes de coins sont venues completer ce tableau depuis cette date. Tableau 3 - Ateliers d n dans Damanhour* Troxeli. 1997, p. 26 Amphipolis 7-10 2005 Newell 1923. p. 151 Babylone 172 820 Newell 1923, p. 151 Tar.se 69 549 Newell 1923. p. 151 Alexandrie 43 65 Newell 1923. p. 151 Myriandros 25 207 Newell 1923. p. 151 Ake 25 256 Newell 1923, p. 151 Sidpn 24 133 Thompson 1983, p. 40 Sardes 3 4 Thompson 1983, p. 65 Milet 22 77 Thompson 1991, p. 38 Abydos 6 10 Thompson 1991. p. 63 Lampsaque 25 85 ix'yrat sous presse Arados 195 371 * Ch iff res de Zervos 1980. 26 ^- Newell 1923. p. 151. INVOLUTION DK LA CIRCULATION MON&TAIKE EN EG Yl'TE HELLENIST1QUE H.A. Troxell a identifie 740 coins de droit ayant servi a frapper les series d'Amphipolis represen- tees dans le tresor de Damanhour, soit seulement 15 coins de plus que ce qu'avait inventorie E.T. Newell en 1923. Le tableau 4 donne done tres certainement un reflet assez exact de la pro- duction de ces diffe rents ateliers ",3. Comparant ces chiffres entre eux, E.T. Newell en tirait la conclusion qu'-apparently, then, our hoard is able to furnish us with easily accessible and fairly accurate criteria for gauging the comparative size of the various issues of the tetradrachm under Alexander the Great", et plus fermement: -The issues of only one or two mints have suffered, the remainder are represented in direct proportion to the size and importance of their tetrad rachm issues 44." 11 faut cependant etre prudent dans l'emploi de ces chiffres. Si I'affirmation d'E.T. Newell est valable pour Amphipolis et Babylone, la comparison avec les tresors du tableau 10 montre qu'il n'en va pas de meme pour d'autres ateliers. Le tresor de Damanhour desequilibre none vision de la circulation monetaire en majorant le poids des ateliers macedoniens com me on le verra plus loin. II a le meme effet pour certains ateliers moins importants auxquels il confere une importance excessive par rapport a la circulation de leur production. Ainsi plus de 70 % des tetradrachmes d'Abydos (95,5 %!), Mi let, Tarse, Paphos, Amathonte, Myriandros et Damas thesau- rises au lVe siecle ont ete retrouves dans le seul tresor de Damanhour. C'est considerable, notamment pour Abydos (d = 6, 4 autres tresors connus seulement) et Milet (d = 22, 8 autres tresors). pa Test encore plus pour les deux ateliers chypriotes dont les alexandres circulent peu par ailleurs (2 autres tresors pour Paphos, 4 pour Amathonte) mais pour lesquels aucune etude de coins ne vient ponde- rer ce desequilibre. Pour Tarse, Myriandros et Damas, Damanhour gonfle artificiellement le nombre d'exemplaires retrouves dans des tresors: les alexandres de ces ateliers circulent beaucoup puisqu'on les trouve respectivement dans 25, 21 et 15 tresors sur 50, mais toujours en nombre assez reduit: au maximum 25, 17 et 21 exemplaires. On est loin des centaines de tetradrachmes de Damanhour "b. Meme une comparison des ateliers entre eux a l'interieur du tresor de Damanhour ne reflete pas exactement leur importance respective. Ainsi Arados arrive-t-il en cinquieme position pour le nombre de pieces dans le tresor (371), loin derriere Tarse (549), alors que ses tetradrachmes se trouvent dans 34 tresors, juste derriere Babylone (38). Les 50 tresors reunis dans le tableau 10 regroupent 15 476 monnaies, le tresor de Damanhour ne representant que 38,45 % du total du fait que celui-ci comprend toutes les monnaies thesau- risees, alexandres ou autres. Le detail du tableau ne prenant en compte que les alexandres, il est normal que Damanhour rassemble generalement plus du tiers des monnaies thesaurisees de chaque atelier, mais c'est aussi un reflet de l'effet deformant du a la taille de cette trouvaille. WAGGONER 1979, identifie 99 coins de droit de ['atelier de Babylone durant la periode 331-323. L'indice n/d esr excel- lent, d'ou sa conclusion: «As it turns out, we have almost a complete record of obverse dies for Alexander's lifetime issue which was not an output of great magnitude, contrary to pre- vious assumptions. - PltK'i; F'Olb, p. CH. estime au contraire que ces coins out ete mis en service en un laps de temps tres court et qu'il s'aj-it done d'une periode d'intense activite peu avant la morr d'Alexandre. I.e total donne par E.T. Newell dans moil tableau 3 comptabilise les emissions comprises entre 336 et 318/317 qui furent certainement, a Babylone comme ailleurs, les plus volumineuses de I'atelier. 44 Newell 1923, p. 151 et iso. 45 Tarse: 5-19; Myriandros: 207; Damas: 428. De facon gdnerale, il esr exceptionnel qu'un tresor contienne plus de quelques di:aines de monnaies provenant d'un meme atelier, seuls 7 des 50 tresors du tableau 10 etant composes de plus de 200 pieces, dont 5 en Efjypte. FR&D&RIQUE DUYRAT E.T. Newell a legitimement cherche a demon tier la pertinence des conclusions qu'il tirait de son etude. Damanhour fournit incontestablement un remarquable echantillon des ateliers actifs du vivant d'Alexandre, ma is il deforme I'image de la production et de la circulation monetaire de la fin du IVe siecle, le cas des ateliers macedoniens en etant un bon exemple. 3.2. Ateliers macedoniens O.H. Zervos fait remarquer que le groupe macedonien, Amphipolis compris, represente 33 a 34 % du tresor dans les publications successives de 1911/1912, 1923 et 1980, ce qui semblerait indiquer que notre connaissance de la composition genera le du tresor est desormais assez sure Tableau 4 Region % dans Damanhour Macedoine 35,62 Asie Mineure 15.35 Chypre 5.73 Syrie-Phenicle 24,9-1 Baby lone 13.77 Alexand rie 4.45 Total 99,86 Le tableau 4 montre que les ateliers orientaux — Chypre, Syrie-Phenicie, Babylone, Alexandrie — representent pres de la moitie du contenu du tresor (48,89 %) contre 35,62 % pour la Macedoine. Cette forte proportion d'alexandres macedoniens paraTt renforcee par le tableau 10 qui montre que Damanhour contient au moins 75 % des tetradrachmes dAlexandre des ateliers d'Amphipolis et Aigeai (?) retrouves dans des tresors. Ce phenomene tient essentiellement a la taille exceptionnelle de la trouvaille. En revanche, si Ton recherche pour chaque tresor ['atelier qui tient la premiere place (en gras dans le tableau 10), on observe que: I. La Mediterranee orientale est partagee entre Amphipolis et Babylone: Amphipolis tient la premiere place dans 9 tresors grecs sur 11 alors que Babylone prime a Chypre (3 tresors sur 4) et en Orient (7 tresors sur 10). L'Asie Mineure paraTt avoir une circulation beaucoup plus ouverte: 4 tresors en faveur dAmphipolis, 3 pour Babylone et 1 pour Tarse. Au total, - Amphipolis a la premiere place dans IS tresors sur 50, Babylone dans 17; -Amphipolis est represente par 2 659 tetradrachmes, Babylone par 1 710, mats si on fait abstraction du tresor de Damanhour, le rapport s'inverse avec 654 tetradrachmes pour Amphipolis contre 890 pour Babylone. Zervos i960, p. 188. Ceux ne contenunt qu'iine piece par atelier ne sent pas pris en compte dans le calcul. L'EVOLUTION DE LA CIRCULATION MONETAIRE EN EG Y PTE H E L L EN 1 ST ] Q U V. Cetce derniere don nee montre que le volume meme du tresor de Damanhour peut etre la source d'erreurs devaluation: si on le prend se n I en compte, sans le situer dans le contexte de la circulation monetaire contemporaine, sa masse deforme la realite dont temoignent les a utres tresors; 2. L'Egypte represents une exception puisqu'elle est le lieu de la plus forte penetration des alexandres macedoniens en Orient. Sur 8 tresors, la moitie contient majoritairement des alexandres d'Amphipolis. On ne peut pas nier la specilicite de la circulation egyptienne par rapport a celle du Levant ou les tetradrachmes d'Amphipolis n'arrivent en premiere place — et de peu — qifune seule fois, dans le tresor de Baalbek (JGCH 1512). Damanhour est clone representatif de cette originalite, mais la encore il faut ponderer nos observations car les autres trouvailles egyptiennes ne contiennent jamais 30 % de monnaies macedoniennes *'8. II est vrai que leur composition n'est pas aussi bien connue que celle de Damanhour et que de ce fait les proportions exactes de tetradrachmes macedoniens nous echappent partiellement. Cette question conduit a se demander quelle est la place de ce tresor dans la circulation monetaire egyptienne du ive siecle et dans quelle mesure il est une source d'information liable. 4. LE TRESOR DE DAMANHOUR DANS LA CIRCULATION MONETAIRE DE LA FIN DU IVe SIECLE Les remarques qui suivent se fondent sur le depouillement de I'/GCH et des huit premiers volumes de CH mais aucune etude particuliere de tresor n'a ete consuttee, la bibliographic etant considerable clans ce domaine. L'information rassemblee est done incomplete. El le n'est pas non plus parfaitement a jour puisqu'elle est arretee en 1994 (CH VIII). Le but recherche est de donner un panorama de la circulation monetaire dans le bassin mediterraneen a l'epoque de I'enfouissement du tresor de Damanhour et de le situer dans revolution de la circulation monetaire en Egypte meme. Le rassemblement du plus grand nombre de donnees possible permet de fournir un ordre de grandeur appuye sur le depouillement de plusieurs centaines de tresors. 4.1. Le monde grec entre c. 333 et c. 300 il netait pas possible de presenter toutes les listes qui sont a la base de ce travail clans le cadre d'un simple article. Je n'en donne done qu'une courte synthese, - Asie Mineure et Orient: 58 tresors sur 81 contiennent des alexandres (71,60 %), dont 40 ne comportent pas d'autres monnaies. Plus ancien tresor contenant des alexandres: Abu Shusheh, Judee (/GCH 1507), vers 330. A une exception pres: le petit tresor Egypte IGCH 1665 ou les monnaies macedoniennes forment I;■ moitie du total. fk£u£kique ItUVIIAT - Grece et Nord de l'Egee: 76 tresors sur 188 contiennent des alexandres (40,42 %), les rives oriehtales de la mer Adriatique et les Ties de la mer Ionienne etant presque depourvues de cette monnaie. Les especes en circulation sont assez melangees: philippes (dans 25 % des tresors), emissions locales et alexandres se cotoient. Plus ancien tresor contenant des alexandres: kyparissia, Messenie (/GCH 76), vers 327. - Sicile et Italie du Sud: 8 tresors sur 49 contiennent des alexandres (16,32 %). Plus ancien tresor: Gela, Sicile (CH III 21), vers 325. Ces chiffres montrent que, com me on pouvait s'y attendre, plus on se dirige vers l'Occidenr, moins les alexandres circulent et plus ils apparaissent tard. Le premier lot sicilien est presque un accident puisque les alexandres ne se trouvent dans aiicun autre tresor de la region avant 300, date autour de laquelle sont thesaurises les 7 autres lots. J.H.C. Williams et A. Burnett expliquent en partie cette absence par les etalons en usage dans l'Ouest, plus legers que I'etalon attique Letude de la circulation des autres metaux montre que ces regions se differencient aussi dans ce domaine. Lor est peu thesaurise en Asie Mine lire et en Orient durant cette periode (8 tresors) et il s'agit exclusivement de monnaies de Philippe II et Alexandre. La plus aneienne trouvaille est de c. 324/323 seulement (Saida, IGCH 1508). En revanche, 41 ont ete faites en Grece et dans le nord de l'Egee, la Thrace fournissant une moisson particulierement riche (26). Sur ce total, seuls deux lots sont entierement constitues demissions locales, tous les autres comprenant des philippes et des alexandres, souvent a lexcliision de tout autre monnayage. Le plus ancien tresor d'alexandres daterait de 330-325 (Mende, CH VIM 169). L'Occident, Cyrenai'que comprise, a livre 20 lots ou se mele parfois lelectrum de Carthage. 5 tresors comprennent des philippes et des alexandres, ma is com me pour I'argent, pas avant 325 (Pres de Benevcnt, CH VIII 183). Les autres frappes sont locales ou carthaginoises. Le tresor de Damanhour est parfaitement integre dans ce contexte mediterranean. Le fait qu'il soit sans doute exclusivement compose d'alexandres d'argent correspond aux observations generates coneernant la circulation monetaire du Proche-Orient ou ces monnaies se repandent massivement durant le dernier tiers du IV1' siecle. En revanche, E.T. Newell jugeait qu'il devait etre le plus ancien tresor connu apres celui de Kyparissia 50. La multiplication des publications et les inventaires de trouvailles parus au x.V siecle, en ameliorant considerabiement notre connaissance de ce materiel, ont rendu cette assertion caduqLie. Williams. Bukkei i p. 382. NHWEI.1. 1923. p. 149. L'KVOLUTION l)E LA CIRCULATION- MONKTAIHE K N lUiVl'TL II li 1.1, I; M S T1 Q U Y. 4.2. L'Egypte 4-2.1. Circulation de ('argent entre 500 et 333 (carte 2) Tableau 5 Localisation Invention Datation Quantites Varietes Efjyptc IGCH 1634 Avanr 1879 500 4 AR Thraco-mace. Fayoum IGCH 1635 Avanr 1913 500 2+ AR Thraco-mace. Mir Rahineh, pies de Memphis (pres du temple de Ptah) IGCH 1636 = CH 111 (19//) 2 I860 c. 51)0 23+ AR. 73 kg Thraco-mace., gr., chypr., Cyrene. Da mini hour IGCH 1637 1900/1 500 165 AR. 2 lingots Thraco-mace., gr., chypr., Cyrene Delta IGCH 1638 1897 c. 500 30 AR Thraco-mace.. nr.. phen. et chypr. EgypteCH II (1976) 10 1971/2 | 500 14+ AR et lingots Gr. et chypr. Sakha, pics de kalr al-Cheikh, IGCH 1639 1897 Debut du v* s. ? . „ ,t Thraco-mace.. ^r., phen., 72 AR et fgts • Cyrene. Benha al-AsI IGCH 1640 1929 c. 485 77 AR. 15 dechers i in ill u-iiiine., |4i•■■ chypr. Alexandria Ramleh IGCH 1641 18" 3 1 480 4 AR Cyrene. Damierte. Ramleh IGCH 1642 1894 480 5 AR Thraco-mace. et Cyrene. Memphis IGCH 1643 1920 c 480 4 AR Gr. et Chypr. Egypte CH 1 (1975) 7 c. 1955 c. 480? 23 AR Gr., arh.. Chypre. Assiour IGCH 1644 = CH II (1976) 17-CH VIII (1994)44 1968/9 c. 475 900 AR. lingots et fars Sidle, Gr., nrh., chypr., perses, Cyrene. Zagarig IGCH 1645 1901 c. 470 84 AR. dechers mctalliques et lingots Sicile, Gr., ath.. chypr., Cyrene. Fayoum IGCH 1646 1957 c. 460 15 AR Gr.. ath., chypr. Naticratis IGCH 1647 1885 450-425 15 AR. monies, etc. Sicile. Gr.. arh., Cyrene. Euypre CH VIII (1994) 57 Avant 1879 450-420 c. 18 AR Gr.. Cyrenaicjue. chypr. Naucratis IGCH 1648 1885 ve s. <>7 AR Ath. Tell al-Maskhouta IGCH 1649 1947/8 Deb iv s. on c. 330 6000+ AR Ath., imitations arh., phen., phllisto-arabes. Delta IGCH 1650 1940 375-350 12 AR Gr., phen. Beni Hasan IGCH 1651 = CH VII , (1985)32 c. 300 77 AR et lingots Ath., phen., Gaza. Naucratis IGCH 1652 1905 c. 360 83 AR Sicile. »r.. arh.. Cyrene. Gi:a IGCH 1653 1950 Mi-IV* s. 2 AR Sidon. Egypte CH VIII (1994) 125 Avant 1951 c. 350 201 AR Ath. EgypteCH VIII (1994) 151 Avanr 1925 c. 335 4+ AR Ath.* Egypte IGCH 1659 1953 iv1" s. 52 AR Ath. F U Iv 1) fc l{ I Q U I: DUYIIAT Local isarion Invention Datation Quantites Varietes Memphis, temenos de Ptah IGGH 1660 1916 l\'e s. 39 AR Arh. Naucratis IGCH 1661 1885 ivc s. 12 AR Arh. Samanoud IGCH 1662 1907 iv" s. 60 All Imirarions arh. Tell al-Arhrih, pies de lien ha IGCH 1663 1905 IV s. 700 AR Arh., imitations, 1 alex. (intrusion?) et nn coin. * Ce lor est mentionne dans I'index de la SNG Delepterre. 11 conticnt 4 tetradrachmes arheniens du IVC siecle "trouves en Egypte avec des alexandres" et achetes en octobre 1925. Soit les alexandres sonr line intrusion, suit la datation proposee par CH esr erronee. soir ce netait pas un rresor. On connaTt 30 tresors d'argent et un seul de monnaies d'or 5I. Ce sont generalement des lots de petite taille, sauf quelques exemples au contraire considerables (Mit Rahineh, Assiout, Tell al-Maskhouta, Tell al-Athrib): plus de 53 % des tresors contiennent moins de 40 monnaies (7 en ont moins de 10) contre 20 % au-dessus de 100. La circulation est essentiellement composee de monnaies grecques, thraco-macedoniennes et chypriotes, ma is on y trouve aussi des pheniciennes, des monnaies de Cyrenalque, etc. 8 tresors sur 30 comportaient aussi des debris de metal precieux, des I ingots, des bijoux et les monnaies avaient parfois ete coupees. Cette variete de provenances conduit CM. Kraay a la conclusion que «it is evident that Egypt was greedy for silver, and that the high price which the metal fetched locally made it an attractive medium of exchange for the products of the country 12». Les monnaies atheniennes et leurs imitations locales rencontrent un succes incontestable au IVe s.: elles apparaissent dans 9 des 12 trouvailles de cette periode et sont frequemment thesaurisees seules, ce qui n'est pas sans poser des problemes de datation ',3. La majorite des tresors est localisee dans le Delta, le Fayoum et la region de Memphis, a deux exceptions pres (Assiout, IGCH 1644; Beni Hasan /GCH 1651) d4. Les caracteristiques de ces tresors et leur concentration dans le Delta ou a proximite, c'est-a-dire dans la zone de contact avec les echanges mediterraneens, montrent que 1'Egypte connaTt la monnaie avant le passage d'Alexandre, mais que, probablemenf, seuls les milieux en relation frequente avec la Mediterranee en ont I'usage. T.V. Buftrey situe a Memphis ('atelier monetaire tres productif qui frappait les imitations de tetradrachmes atheniens au ive siecle. «There must originally have been hundreds and hundreds of dies, and millions of coins struck from them ^.>- Les legendes en arameen de certains de ces tetradrachmes indiquent qu'ils etaient destines a des utilisa- teurs qui n etaient pas grecs, contrairement a ce que Ton a longtemps suppose Eijypre, IGCH 1632. 1900. \t s.. 5+ AU, Cresus. Kraay 1976. p. 2CR 5 rresors ne conienant que des -chouerres> sonr simplement dates du iv* s., sans autre precision. Carre 2. 1"' Observation faite d'apres letude des coins ayanr servi a Trap- per les monnaies du rresor du Fayounv, 1934-1935, entoui probablement vers 343. Buttrev 1982, p. 138. * BUTTREY 1982. p. 13f>. L'EVOLUTION DE LA CIRCULATION M ON ETA IR I: UN EGYl'TE HIiLLENISTlQUE 4.2.2. Circulation de Vargent cntre 333 et 300 (carte 3) Tableau 6 Localisation Invention Datation Quantites Varietes unaibiyya. Delta luLn iodo 1 QC1a loVo a 1 1 „f ad") AU (_T AK : Gr. et Perses AbOllSir lul.n lo/i IVU1 i ~) z inn au et Ai\ 11111. 11 et Alex. kasr al-uanai luLn 16/4 (= /ULn 1004. ) Availt IV'Ud r- itz. inn I/UU AK Alex. iJarnannour luLn 1664; Ln vii (Ivod) 4V 1 OA; ^ 11 Q /■? c. 31o/7 □ AAA A I? oUUU AK Alex, et 1101. r (rj ic,»tf. If'v'Ll 1 a a ^ fcgyple ioc.// Iood i on i hq t. Jlo 1 1 a i? 44 AK Alex. Mil ia-lsn lUCn 1606 1(1" 1 ivd-f lie C. Jl d inn a v> l\Ju AK a 1 ox-Alex. egypte Lfi 1 (ivOf 41 i m-i ^ 11 -l C. Jll I |A AD HU AK Alex. Abou 1 lommos lUL./i loo/ 1V1V 111 /n t. Jl 1/U 1 nnn a ij IUUU AK a l<»x- *»f- l>r,-.t Iff Alex, et 1 toi. i tgyptc iuLn looo mi i IV12 ,- 11 n C. JIU in ad IV AK Alex. tgypte KjUn ioov 1 OO 1 IOV4 7 Ox A r Alex, et 1 toi. 1 Phacous IGCH 1678 1956 c. 306/5* 2400 AK Alex, et Ptol. Ier Kouft IGCH 1670; CH 11 (1976) 55; CH VII (1985) 53 1875-1880 c. 305 330+ AR Alex, et Ptol. V Damanhour IGCH 1671 = CH II (1976) 56 1896 c. 305 2000 + 88 AR Ptol. [" Egypte IGCH 1675 c. 1912 300 34 AR Ptol. 1" Egypte ? IGCH 1676 Avan t 1936 c. 300? 11+ AR Ptol. 1" * Cette trouvaille a ete thesaurisee en deux lots a 20 ans d'intervalle. 306/5 est la date presumee d'enfouissement du premier lot. 15 tresors d'argent et 7 d'or 57 ont ete mis au jour durant cette periode. Le premier tresor cqnte- nant des alexandres date avec precision est celui de Damanhour [IGCH 1664), enfoui vers 318/317- Deux autres seraient de c. 325-300 sans plus de details. La circulation evolue rapidement durant ces trois decennies. Les tresors du ivc s. se composaient de monnaies aux provenances moins variees qu'au Ve s., les chouettes et leurs imitations y jouant un role de premier plan. Vers 325 ?, a partir de 318 a coup siir, les alexandres prennent le relais: ils apparaissent dans 11 tresors soit pres des trois-quarts de ceux connus pour la periode 333-300. Le premier lot sans alexandres est date de c. 305 (IGCH 1671). A partir de 311/310, tous les tresors contiennent des monnaies de Ptolemee Ier, d'abord avec des alexandres puis seules a partir de 305-300. La composition du tresor de Daman- hour est parfaitement coherente dans ce contexte: il illustre la veritable invasion que constitue Dont deux contenaient aussi de l'ar^enr et sont done repertories sous les deux nietaux. fheVifelli que duviiat I'arrivee des alexandres en Egypte ec la transformation des pratiques monetaires. D'une circulation caracterisee par une certaine variete des origines et des e talons acceptes, mais ou les chouettes jouent un role preponderant, on passe a un monnayage uniformise exclusivement aux types du conquerant macedonien. Cette evolution a sans doute ete facilitee par fhabitude d'employer des monnaies de poids attique, tres prisees en Egypte, au point que s'y developpe une production locale de bon aloi. L'abondance de tetradrachmes aux types d'Alexandre en Med i terra nee orientale apres 325 a aussi facilite cet afflux, I'Egypte restant grande consommatrice de ce metal dont elle est naturellement depourvue, comme durant la periode anterieure. La circulation des alexandres en Egypte prcsente cependant des caracteristiques originales par rapport a celle du Levant voisin. Une comparaison fondee sur les chiffres ex traits du tableau 10 permet de preciser ces differences. Elle s'appuie sur un total de 10 tresors pour le Levant (1 258 tetradrachmes), S pour I'Egypte (7 051 tetradrachmes). La premiere colonne recense le nombre de fois oil chaque region d'origine a fourni le plus grand nombre de tetradrachmes dans un tresor (lrc place). La deuxieme colonne (tresors) indique combien de tresors contenaient des monnaies de la region indiquee (par exemple 9 des 10 tresors du Levant contenaient des tetradrachmes macedoniens). La derniere colonne (n) precise le nombre de tetradrachmes que cela represente pour chaque region d'origine. Tableau 7 Origine Levant Egypte I"' place Tresors n 1re place Tresors n* n hors 1664 Macedoine 1 9 200 -1 7 2 321 212 Asie Mineure 0 7 119 (i / 1 036 118 C hyp re 0 5 59 0 7 387 44 Syrie-Phenicic 2 10 M)H 0 7 1 709 229 Babyloiie 7 9 -15-1 3 7 1 082 262 Alexandria 0 18 1 8 516 251 Total 10 10 I 258 8 8 7 051 1 116 Le total de cetle colonne devrair etre de 7 067 (Damanhour: 5 951 + hors Damanhour: I I Id). I.es 16 monnaies manquantes sour les incerraines du tresor de Damanhour qui n'Ont pas ete inteyrees au rahleau 10. Au Levant, Babylone estde loin 1'atelier le mieux represente puisqu'il arrive en premiere place dans 7 des 10 tresors. Dans l'ensemble, les alexandres thesaurises dans cette region proviennent essentiellement de Macedoine, de Babylone (9 tresors chacune) et des ateliers locaux qui sont representes, sans surprise, dans routes les trouvailles. Le nombre de tetradrachmes thesaurises (n) montre, la encore, la preeminence de Babylone (454) et des ateliers locaux (408), cette fois loin devant la Macedoine (200) et les autres regions. Malgre la proximite geographique, les productions de I'Egypte et de Chypre n'apparaissent que dans respectivement 4 et 5 tresors et avec un nombre d'exemplaires reduit (18 et 59). L'U VOLUTION l>E I. A CIRCULATION M 0 N ETA I It E EN EGYPTE HELLENIST 1QU l:. L'Egypte presence une toute autre situation puisqu'elle attire les alexandres de toutes les regions qui en ont frappe: chacune d'entre el les est representee clans tous les tresors considered sauf un (/GCW 1666 n'a livre que des tetradrachmes d'Alexandrie). A I'inverse, le pays n'exporce que rare- men t sa propre production (tableau 10): seuls 6 tresors en contiennent hors du territoire egyptien, dans des proportions derisoires puisque cela ne represente que 20 pieces (dont 18 au Levant), soit 3,73 % du total thesaurise au IV1' siecle d'apres le recensement de l'JGCH (536 tetradrachmes). L'enorme masse de monnaies decouvertes a Damanhour encourage cette impression: elle eleve le total des alexandres thesaurises au ivc siecle en Egypte d'apres I'lGCH a 7 067, ce tresor representant a lui seul pres de 85 % de 1'ensemble. Les alexandres des a litres tresors egyptiens ne sont que 1 116, ce chiffre etant plus proche de ce qui a ete decouvert au Levant (1 258) et permettant des comparaisons. La derniere colonne du tableau 7 montre ainsi qu'il y a quatre zones principales de provenance dans l'approvisionnement egyptien: Alexandrie bien sur, ma is aussi la Macedoine, la Syrie-Phenicie et Babylone, chacune ayant livre entre 200 et 260 exemplaires 5S. L'apparente domination macedonienne dans le tresor de Damanhour doit done etre corrigee. L'Egypte a en fait ete une destination privilegiee de la circulation de ['ensemble des tetradrachmes aux types dAlexandre au 1VC siecle. Ces observations montrent que, sous I'homogeneisation typologique et metrologique que represente le recours au mon- nayage dAlexandre, I'Egypte conserve une particularite qui eta it deja la sienne avant 333: par 1'importance de son activite commerciale, elle attire le numeraire en argent de toute la Mediterranee orientale et de la Mesopotamie. Une autre constants demeure: tous les tresors dont la provenance est connue ont ete trouves dans le Nord du Delta, a ['exception de celui de Kouft. Meme le Fayoum et la region de Memphis, bien represented dans la periode precedente, sont absents de la carte 3. L'utilisation de la monnaie pour elle-meme et non plus comme un I ingot d argent semble aussi s'etre imposee: aucun tresor de cette periode ne contient de bijoux ou de metal brut, aucun non plus n'est compose de moins de 10 tetradrachmes. Une etude des monnaies cisaillees montre rait probablement aussi que cette pratique tend a disparaltre, au moins dans le Delta. Lsi carte I retlcrc bien ce phenomene: les ateliers representes par plus de 100 tetradrachrnes dans le tresor de Dumanhoiir sonr les plus productils (Amphipolis et Babylone) el les ateliers orientaux: Slid de l'Asie Mineure, Chypre, Syrie- Phenicie. freder IQUli ijuyrat 4.2.3. Circulation de I'argent de 300 avant notre ere a 19 de notre ere (carte 4) Tableau S: Tresors de monnaies d'argent Localisation Invention Datation Quantites Varietes Egypte /GCH 1677 1904-1908 c. 285 458+ AR Ptoi. r. Phacous JGCH 1678 1956 c. 283* 2 400 AR Alex. Ill, Phil. III. Ptoi. I", 11. Toukh el Garmous (GCH 1679 l(X)5 c. 280 AR Ptol. r. Egypte CH V (1979) 33 265? 93+ AR Ptoi. I". Saqqara IGCH 1681 1968 c. 2o0 28 AR Ptol. Iw, II. Environs d'Alexandrie IGCH 1683 1908 c. 250 4 AR ? AE Ptol. 11 (Tyr. Sidon). Delta IGCH 1684 1856 Mi-Ill*" s.7 AR Alex.. Phil. 111. Ptol. 1", 11, Arsinoe. Pres d'Alexandrie CH VIII (199-1) 303 1944 c. 245 4 AU, 9 AR Ptpl. II. III. Tell Nebesheh IGCH 1688 1886 c. 242 25 AR Ptol. 1*411. Zagaziy /GCH 1689 1905 c. 235 200 AR Arsinoe. Delta IGCH 1690 1922 221-204 21 AR Ptol. II. Berenice 11. Ptol. IV. Canal de Sue: IGCH 1693 1860 c. 220? 1 AU. 2 AR Berenice 11. Delta IGCH 1701 1927-8 c. 200-180 24 AR Alex. Ill, Gonatas, Lysitnaque, Ptol. ltr, V. Assiout IGCH 1702 1936 c. 180 4+ AR Ptol. II, V. k'ena. IGCH 1708 1923 c. 144 45+ AU. 200 AR Ptol. Vl-Vlll. Tell Nebesheh IGCH 1709 1886 c. 130 li AR Ptoi. VI. VIII. Delta IGCH 1710 1970 Fin du 11° s. AR Ptol. F-VI11, X. Knrnak CH III (1977) 64 1972-4? 100 16 AR Ptol. X. Tebrynis IGCH 1711 1900 c. 90 140 AR Prol. 1X-X Zawiat Razim, IGCH 1712 1923 c. 90 251 AR Ptol. VIII X. Delta IGCH 1713 1969 89 56 AR Ptol. VI. IX-X. Mir Rahlneh IGCH 1714 1919 c. 88 36 AR. 1 AE Ptol. X. Memphis IGCH 1718 1915 c. 58 13 AR Ptol. XII. Kpm Trouga, Alexandrle IGCH 1719 1932 c. 58 ~> 59 AR Ptol. IX. XII. L'HVO I.UTIOS BE LA CIRCULATION MONETAIHK EN EGYI'TE H E1.1.1; N1 ST 1Q U K Localisation Invention Datation Quantites Varietes Delta JGCH 1720 1970 c. 50 AR Ptol. XII. E»ypte JGCH 1721 1897 Mi-i" s. 51 AR Side, Ptol. XII. Esypte IGCH 1722 Avant 1967 46/43 169 AR Ptol. II, IX, X, XII, Cieo. VII. Eyypte IGCH 1723 1908 30 400 AR Ptol. XII, Cleo. VII. Tunis JGCH 1724 1912 c. 30 47 AR Cleo. VII. Alexandria IGCH 1725 19041 30? 900 AR Prol. XII, Cleo. VII. Euhemeria, IGCH 1731 15/14 60 dr. AR et bijoux Cleo. VII? Egypte IGCH 1732 1910 19 de none CMC 198 AR Ptol. 11 (1), Cleo. VII, Tibere. Abou Homtnos JGCH 1726 Avant 1905 iii6-!1'' s. 2 800 AR Ptol. Toukh al-Garmous JGCH 1729 1905 iii1'-!1' s. AR Ptol. II s'agit du deuxieme lot de ce trcsor, la thesaurisation du premier etant datec de c. 305. 34 tresors d'argent, 9 d'or 59 et 25 de bronze out ete repertories. Les tresors d'argent ne sont pas re partis regulierement sur toute la periode puisque 12 datent du ill0 siecle, 5 du ue siecle et 14 du p'r siecle. 3 sont posterieurs ou mal dates. Trois tresors contiennent encore des monnaies de poids attique: CH V 33, IGCH 1684 et 1701 60. Us datent de la premiere moitie du inc siecle, sauf un, vers 200-180. Ces monnaies antiques sont toujours melees a des monnaies lagides et les lots proviennent du Delta. La fermeture du territoire egyptien a toute monnate d'argent d'etalon non lagide pa rait done avoir ete appliquee rapidement et efficaeement apres la reforme de Ptolemee Soter. La carte 4 montre aussi que, si I'argent circule toujours peu dans la Vallee (3 tresors seulement), les thesaurisations se multiplient dans le Fayoum et sur tout sur les branches canopique et pelusia- que du Nil qui ont livre respective men 16 et 7 trouvailles, aucune autre n etant assuree a l'interieur du Delta. Cette repartition temoigne des voies principales de circulation de la Basse-Egypte ou se concentraient les activites et les flux de merchandises et d'hommes a destination de la capitale, de la Med i terra nee et du Proche-Orient ou, an contraire, de la Vallee et de ses debouches au sud. La rarete des lots d'argent enfouis durant le ip's. doit etre rapprochee des observations de F. Burkhalter et O. Picard dans ce volume: le numeraire d'argent a presque disparu — les paie- ments se font en monnaies de bronze — ce qui conduit a des tensions sur le marche monetaire, justifiant une reforme comptable au debut du siecle. La tin du lle siecle et le debut du ler se carac- terisent aussi par la multiplication des monnaies coulees dans les fouilles d'Alexandrie et par des reformes monetaires "'. Dont trois contenaient aussi de 1'argeni et sont done reper- tories sous les deux meiaux. Le tresor de Phacous doil etre exclu de cette liste: il a ete thesaurise en deux lots. Seul le premier est inixte et il a ete enfoui vers 305. Le second, exclusivenient constitue de monnaies lauides. a ete rerire de la circulation vers 283. JliNKINS 1960. Voir les communications d'O. Picard et C.C. Lorber dans ce volume ainsi que PiCAftD 2002. FREDER1QUE 0 U V It Af La thesaurisation de l'or subit Line evolution parallele a celle de I'argent. Un unique tresor de ce metal a ete repertorie avant 333. Vers 330, Tor est frappe localement ou provient de Grece ou des ateliers perses. Entre 325 et 300, les deux seuls tresors connus sont composes de philippes et d'alexandres (/GCH 1672, 1673), et apres cette derniere date ne s'y trouvent plus que des mon- naies lagides, toutes enfouies entre c. 260 et la fin du ill1' siecle a 1'exception d'un lot thesaurise au milieu du 11* siecle (/GCH 1708). Le bronze, qui ne circulaif apparemment pas sur le territoire egyptien avant la fondation de la dynastie lagide, est represente par 25 tresors entierement composes de monnaies lagides entre le milieu du lllc siecle et c. SO. 12 ont ete enfouis au lllL' siecle, 8 dans la premiere moi- tie du ii1' siecle, 1 c. 100 et 4 entre c. 88 et 80. Nous connaissons la provenance de 18 des 25 trouvailles repertoriees. La carte 5 montre que, sur ce total, 6 viennent du Delta, 7 de la region entre Memphis et le Fayoum et 5 de Haute-Egypte. Le Nord teste nettement mieux represente, mais la Vallee rassemble tout de meme plus du quart des trouvailles. Une etude plus syste- matique des monnaies de bronze retrouvees dans les fouilles archeologiques de cette periode permettrait sans doute de preciser cette observation et nous informerait mieux sur revolution de I'utilisation de la monnaie de bronze, a defaut de I'argent, dans le Sud du royaume. 4.3. «The largest hoard of Alexander tetrad rachitis ever known 62» Parmi les tresors egyptiens de la fin du l\'e s., on compte un nombre important de tres gros ensembles. /GCH et CH I a VIII repertorient 123 tresors de plus de mille monnaies d'argent dates de lepoque hellenistique dans ('ensemble du monde mediterraneen et proche-oriental. 16 seule- ment datent de la periode 333-300. - newell 1023, p. H9. DEVOLUTION BE LA C I it C U L A T I O N HON ETA IRE EN EGYPTE M ELLEN I STI Q UK Tableau 9 JGCH 410. Peonie 315-310 68 AU. 1 900 AR Phil. 11. Alex., Phil. HI, Lyccelos, Patraos. JGCH 814, Daeni, Roumanie fin IV s. 800-1 000 lstros. JGCH 411. Razinci, Bulgarie 315-310 2 657+ AR Phil. 11, Lycceios, Patraos, Daroastion. JGCH 424. Vlasatica, Bulgarie fin IV s. 1 000 AR Phil. 11. JGCH 739, Didymorichon, Thrace 330-320 1 000+ AR Abdere, ApolIonia Pont, Maronee, Chers. Thrace, Parion. JGCH 1240, Si nob, Paphlagonie c. 330 c. 1 000 AR Amisos, Sinope. JGCH 1395, Si nan pacha, Phrygie c. 318 682+ AR Alex, et Phil. III. JGCH 1516, Alep, Syrie c. 305 3 000+ AR Alex. Ill, Phil. 111. CH VIII 189, Proche-Orient 3? 3/7 j-j, — c. 1 300 AR Alex. JGCH 1674, Kasr al-Danur, Egypte* c. 325/300 1 700 AR Alex. JGCH 1664, Damanhour, Egypte = CH VII (1985) 49 c. 318/7 8 000+ AR Alex, er Ptol. V (?) JGCJ-J 1667- Abou Hoinmos, Egypte c. 311/0 1 000 AR Alex, er Ptol. V. JGCH 1678. Phacous. Egypte 306/305-283 2 400 AR Alex. Ill, Phil. Ill, Ptol. 1", 11. JGCH 1671. Damanhour, Egypte = CH 11 (1976) 56 c. 305 2 000 + 88 AR Ptol. Ier. CH VI 21. Sud-Est de la Sicile c. 300 4 268+ AR Syracuse. Carthage. Alex.. Corinthe et colonies, Athenes. CH li) 28. Italic 300 1 500 AR Tetroboles de Crorone. * Ce pourrait etre une partie de JGCH 1664. Le tresor de Damanhour est effectivement le plus volumineux et I'Egypte a elle seule compte cinq tresors dans ce groupe, autant que la Thrace et les regions voisines dont les plus grosses trouvailles n'excedent cependant que rarement 1 000 monnaies. 6 tresors contiennent des alexandres en grand nombre. lis sont tous situes en Orient: en Phrygie, en Syrie, et en Egypte pour 4 d'entre eux. Avant la conquete macedonienne, I'Egypte recevait beaucoup de numeraire de I etranger, et cela depuis pres de deux siecles. Les alexandres apparaissent au plus tard en 318/317 et de maniere massive: plusieurs trouvailles se composent de plusieurs centaines, voire de milliers de pieces. Comme l'avait deja releve E.T. Newell, une majorite des emissions representees dans Damanhour portent le titre royal et datent done de lepoque de la mort d'Alexandre. 11 semblerait que ce tresor illustre pleinement la facon dont I'Egypte a ete approvisionnee en numeraire aux types d'Alexandre: ces monnaies sont surtout arrivees a lepoque de la mort du conquerant, e'est-a-dire aussi au moment de la demobilisation des armees de la conquete puis des guerres entre diadoques. Les ateliers monetaires sont alors en pleine activite et ce numeraire afflue dans le Delta. Cette H K li I) I; li I Q U K I) L' V It A T intrusion pourrait etre liee an retour de mercenaires egyptiens debandes avec les autres veterans comme I'a suppose M. Thompson 63, mais ces monnaies ont sans doute surtout ete appelees en Egypte du simple fait de I'activite des nouveaux maitres du pays: Cleomene puis Ptolemee sont en train de reorganise!- l'Egypte et Alexandrie est en cours de construction et de peuplement M, Cette activite jointe a la pratique grecque des paiements en numeraire attique et a l'absence de mines d'argent egyptiennes justifierait I'afflux de tetradrachmes d'Alexandre de toutes provenan- ces dont temoigne remarquablement le tresor de Damanhour, phenomene qui est confirme par les a litres grandes trouvailles egyptiennes de cette periode. Leurs proportions inhabituellement importantes — la majorite des tresors recenses dans le monde hellenistique comptent moins de 100 pieces — pourraient s'expliquer par ce brusque afflux a une epoque troubles et clans Line region — essentiellement le Delta — ou la circulation des biens et des personnes a ete acceleree par les guerres, avec notamment I'invasion de I'armee de Perdiccas en 321, le emplacement de la capi tale de Memphis a Alexandrie et ('installation des nouveaux maitres du pays, sans doute plus nombreux et actifs en Basse-Egypte. 5. CONCLUSION: EVALUER LA PLACE DU TRESOR DE DAMANHOUR Dans I evolution generate de la monetarisation de l'Egypte, le tresor de Damanhour marque un toumant: il illustre I'introduction massive d'un nouveau numeraire qui alimente desormais a tine exclusif le marche egyptien jusqu'a la reforme de Ptolemee Soter. Le nombre de tresors enfouis, en partie lie a la periode de troubles de la fin du IVC siecle en Mediterranee orientale, indique neanmoins aussi tres probablement un usage plus repandu de la monnaie, du moins en Basse-Egypte. En effet, une constante demeure: sur les 10 tresors dont la provenance est connue entre 333 et 300, seul celui de Kouft est localise en Haute-Egypte. L'utilisation de la monnaie dans la Vallee est apparemment encore toute relative a la fin du IVe siecle. En revanche, la reforme de Soter est rapidement appliquee, chassant la monnaie de poids attique de la circulation, a de rares exceptions pres. L'application efficace de cette reforme a sans doute ete rendue possible par l'utilisation exclusive de monnaies aux types d'Alexandre en Egypte apres 325, elle-meme favorisee par I'abondance des chouettes atheniennes an IV1' s. Damanhour marque done le debut d'une ties breve periode ou, en un peu plus de deux decennies (c. 325 ?-c. 300), le numeraire aux types d'Alexandre envahit litteralement le marche, avant d'etre tout aussi brusquement evince par le monnayage royal lagide qui introduit non seulement un nouvel etalon mais aussi 1'usage du bronze. Les tresors egyptiens de lepoque lagide justifieraient a eux seuls une etude d'ensemble qu'il n'a pas ete possible de developper ici. La carte 4 montre cependant que, en ce qui conceme I'argent, la circulation semble toujours limitee au Delta: seuls 3 tresors sur 28 identifies sont localises clans la Vallee et 3 autres clans la region intermediaire entre le Fayoum et Memphis. En revanche, I'usage du bronze semble plus repandu. THOMlSON 108-1. p. 245. * Li: Rider 1997. DEVOLUTION DE I. A CIRCULATION MONETAIHE EN ECS V PTE H E I. l.E N I ST IQ U E Au-dela des informations qu'il nous donne sur la periode cle de la fin du IVs siecle en Egypte, Damanhour reste aussi, pres d'un siecle apres sa decouverte, la reference obligee de toute etude des alexandres frappes dans le dernier tiers du IVC siecle. Cest particulierement vrai pour les attribu- tions, celles d'E.T. Newell etant encore tres majoritairement acceptees par les specialistes qui les ont fort peu critiquees. De ce fait, il est extremement difficile de dire quels sont les ateliers absents du tresor. E.T. Newell mentionnait une ou deux emissions de Pel la et soulignait la sous-representation du Nord et de l'Ouest de 1'Asie Mineure 65. Les ateliers de cette region ayant massivement frappe des drachmes et pratiquement pas de tetradrachmes, comme le montrent les chiffres du tableau 3, ils ne sont pas particulierement sous-representes dans Damanhour, au contraire. Je n'ai pas cherche a repertorier toutes les emissions absentes du tresor. A titre d'exemple, on peut rappeler que la courte serie d'alexandres aradiens marques des lettres pheniciennes M' n'y apparaTt pas. Mais ce sont des absences de detail qui n'oberent pas serieusement la representation des ateliers dans le tresor. Un probleme methodologique se pose neanmoins: dans la mesure ou les identifications d'E.T. Newell ont recti l'agrement general, les attributions qui ont pu etre proposees apres 1923 ont utilise Damanhour comme seuil chronologique. Tout ce qui n'y apparaissait pas a ete date apres 318 6l'. Cela rend impossible toute critique qui remettrait en cause la representation des ateliers ou de certaines series dans ce tresor. Damanhour fournit done une typologie des ateliers d'Alexandre avant 318/7 et un seuil chronologique fermement etabli. Son role dans la connaissance du monnayage d'Alexandre a ete delini avec autorite par E.T. Newell dont les arguments ont ete repris par tous, a quelques details pres. 11 s'agit essentiellement des points suivants: - Alexandre a essentiellement reutilise les ateliers en fonction avant lui; - le tresor contient un echantillon de la production de chacun d'entre eux 6'; - il donne une date pivot pour ces emissions desormais classees en deux categories: • "Lifetime issues>• et "early posthumous", i.e. presentes clans Damanhour; • "Posthumous", i.e. absentes de Damanhour (sauf quelques emissions rares); - Damanhour est aussi representatif du rayonnement des ateliers considered malgre sa localisation dans une region peripherique f'8. On a vu plus haut qu'il faut nuancer, parfois beaucoup, certaines de ces assertions. Le principal probleme que pose le tresor de Damanhour vient, paradoxalement, de la qualite de letude d'E.T. Newell. Aucun autre tresor comparable n'a fait l'objet d'une reconstitution aussi systematique, ni d'un tel effort de classification. Ainsi ne connaissons-nous que 29,03 % du tresor d'Alep (871 tetradrachmes sur 3 000 probables) et 36,5 % de celui de Phacous (876 sur 2 400) 69 centre 74,38 % pour Damanhour (5 951 pour 8 000) qui eta it beaucoup plus volumineux que les autres. Une tentative de comparaison avec Damanhour est ainsi rendue delicate: on raisonnerait Newell 1923, p. [ so. Datation de IVnlbuisscment: newell 1923, p. 152-154. Jc n'ai pas rappele les arguments dcvcloppcs par E.T. Newell pour daier renfouisseincni du tresor de I'annee 318/317: ils sont eux aussi tres solides. Cette idee est ires ancree dans I'esprit d'E.T. NEWELL des 1012, p. 113: - it |le tresorl furnishes us with some concrete evidence as to the comparative importance of the various mints during the period 336 to 310 B.C. and the relative magnitude of their several coinages.* ,,K Newell 102 3. p. 150. "" Ces chiffres sont ceux de la publication de JliNklNS 1%0. rm;ntitique duyhat sur des donnees incompletes, dans des proportions d'ailleurs difficiles a evaluer, et sur des tre- sors generalement posterieurs ou etrangers a la circulation specifique de l'Egypte. La cache est compliquee par le manque detude de coins. Pour evaluer avec assurance la place du tresor de Damanhour, il faudrait disposer de chiffres de production pour chacun des principaux ateliers (carte 1), afin de les comparer terme a terme sans omettre le role des fractions du tetradrachme pour certains d'entre eux. La drachme, par exemple, est beaucoup frappee en Asie Mineure, mais ne circule pas du tout en Egypte durant le dernier tiers du ive siecle, et Damanhour n'est de ce fait pas du tout representatif des ateliers de cette region dont les frappes derisoires de tetradrachmes sont generalement tres sur-representees dans le tresor (tableau 10). M.-C. Marcellesi a ainsi pu montrer que «l'Egypte reunit, a elle seule, plus de la moitie des tetradrachmes alexandrins frappes a Milet et retrouves dans des tresors 70». 11 faudrait aussi disposer de chiffres a jour pour des ateliers aussi importants que ceux de Babylone, Side, Ake/Tyr, Sidon ou Myriandros. Ces observations ne retirent rien a l'interet essentiel de la publication du tresor de Damanhour par E.T. Newell. II en propose une interpretation historique et en fait Line etude technique qui n'existent ni chez T.E. Mionnet ni chez L. Muller. Par ailleurs, il est le premier a developper l'uti- lisation des grands tresors pour la datation, Damanhour etant a ces differents points de vue son grand ceuvre. L'interet suscite chez lui par ce tresor des son apparition sur le marche a motive, a n'en pas douter, les nombreux travaux qu'il a consacres a la numismatique d'Alexandre et en particulier les grandes monographies d'ateliers orientaux fondees sur des etudes de coins qui sont a l'origine des pratiques actuelles dans ce domaine. ABREVIATIONS n nombre de monnaies connues d nombre de coins de droit connus n/d indice characteroscopique donr la valeur permer d'evaluer la representative de I'echantillon etudie. CH = Coin Hoards I a VIII, 1975-1994. /GCH = M. Thompson, O. Morkholm. CM. Kraay, An Inventory of Greek Coin Hoards, New York, 1973. BIBLIOGRAPHIE BUTTREY 1982 = T.V. BUTTREV, «Phnraonic imitations of Athenian tetradrachms», Actes du congrfa international de numismatique, Berne 1979, I, Berne, 1982. p. 137-HO. DUYRAT 2003 = F. DUYRAT, «La politique monetaire d'Arados: les alexandres (lVe-Ilc siecles)», La Syrie hellenistique. 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Tableau 10 44 IGCH Amphipolis | *sJ EI < >-!<J •x 3 ST a 0 ■a < •1 Ei 2 SJ M u 1 in I 2 ■S < Madeira (74) 3 1 1 Kyparissia (76) 15 4 Nemee (79) 1 Gerli (80) 2 1 - -- Grece centrale? (81) 15 6 4 1 Karditsa (82) 15 3 1 1 1 Andritsena (83) 34 9 -- 17 4 - 1 Tripolitsa (84) 4 1 3 Lamia (93) 16 i - - - i Messene (95) 1 1 1 1 Ougri (121) 1 ,- - Mavriki (122) 1 1 - - Argos (131) 1 1 Drama (414) 9 -- i - - Myriophyton (432) 26 3 1 1 1 Karaman (1398) 2 1 1 1 2 - --- Cilicie (1421) 2 1 Asie Mincure (1422) 1 1 1 Asie Mincure (1436) 11 1 4 3 1 Asie Mincure (1438) 28 1 2 5 2 ' Asie Mincure (1439) 18 1 7 4 1 I Asie Mineure (1440) 32 2 | 1 H 10 1 Asie Mineure (1443) 5 3 1 8 Kannaviou (1468) 2 1 Paphos(1469) 7 2 1 1 1 i 3 2 Aghios loannis (1470) 6 1 3 11 1 -- Kato Paphos (1471) 1 1 1 Khirbet el-Kerak (1510) 7 1 1 4 1 Sfire (1511) 1 2 1 Baalbek (1512) 9 1 Phoenicia (1513) -I 1 - Tel Tsippor (1514) 6 1 1 - By bios (1515) 8 3 -- Alep (1516) 156 16 3 3 1 i(. 3 3d 25 20 23 1 10 Jdita (1517) Beyrouth (1519) 4 Galilee (1520) 1 1 1 i Damanhour (1664) 2005 53 41 10 H5 1 IH9 4 549 132 142 24 41 Egypte (1665) 21 I 3 1 2 | Mit Ya-ish (1666) Abou Hommos (1667) 30 3 2 10 5 Egypte (1668) 5 2 1 3 1 Egypte (1669) II 1 1 5 3 2 Kourt [ Iu/U; 57 4 3 4 4 6 15 15 Fhacous(1678) 69 1 5 10 21 15 3 10 | Mcsopotmtiic 1 {1751) 3 3 1 Khorsabad (1754) 1 Mossoul (1756) 2 1 1 2 1 1 4 1 Mossoul (1758) 1 Cefalu (2154) 1 i Total des tetradrachmes 2 659 133 53 25 89 60 99 312 4 682 217 206 26 54 Total tctra. hors 1664 654 70 12 15 4 56 22 123 0 133 85 64 2 13 % du total du a 1664 75,4 47.36 77.35 40 95.5 6,66 77.77 60,57 100 80,49 60,82 68.93 92,3 75.92 Total des tresors 46 20 10 5 12 9 26 1 25 17 20 1 5 1"% places 18 0 0 0 0 0 0 0 0 1 1 t) 0 0 — O •n o = w o CJ 'u TJ JGCH "3 t/j c us £• u ;u E a c G -3 u a 72 < £ 23 C — Magcira (74) 48 Kyparissia (76) 1 35 Nemce (79) 3 Gerli (80) _ _ 1 i 5 12 Grece centrals? (81) 1 ! i 37 Karditsa (82) 1 1 2 ) 37 Audritsena (83) 5 1 6 •1 1 12 150 Tripolitsa (84) 1 1 l 23 Lamia (93) ____ 1 3 2 5 112 Messene (95) 1 I 1 2 1 18 1 31 Ougri (121) 1 _ 1 6 Mnvriki (122) 1 28 Ar«os(l3l) 1 1 6 Drama (414) 17 Myriophyton (432) 1 1 1 2 3 53 Karaman (1398) l 1 1 35 49 Cilicie (1421) 1 22 Asic Mineure (1422) 1 4 160 Asie Mineure (1436) 4 1 3 ^ <i 52 Asic Mineurc (1438) 3 •1 6 1 1 4 l 70 Asic Mineure (1439) (> 17 2 5 18 SO Asie Mineure (1440) <) In 2 1 8 90 Asie Mineure (1443) _ "> 1 ) 1 _ 2 29 Kanniivlou (1468) 1 1 1 7 90 Paphos(1469) 1 1 14 39 Amnios loannis (1470) 3 8 1 58 Kati") Paphos(1471) _ 1 2 13 Khirbct el-Kerak (1510) 2 1 ■> 3 4 26 118 Sfire (1511) •1 II 10 5 3 33 2 84 Baalbek (1512) 2 2 s 22 Phoenicia (1513) 1 8 15 Tel Tsippor (1514) 2 3 5 8 30 63 Hyblos (1515) i i 7 19 6 24 50 2 141 Alep (1516) 17 21 34 43 2 38 82 287 13 3 000 Jdita (1517) 1 400 Beyrouth (1519) 1 1 1 11 1 27 Galilee (1520) 1 28 1 40 Danianhour (1664) 207 1 -128 371 so 1 133 25<> 820 2i>5 5 951 £gypte(16G5J 2 3 8 \ 44 Mit Vu-ish (1666) 200 200 Abou Hommos (1667) •1 17 8 3 20 52 II 1 000 E(jyptc(1668) 2 1 1 1 1 1 20 fegypte (1669) 2 1 14 1 79 Kouft (1670) •1 3 12 3 0 18 4o 15 330 I tlilLOUS ( IO/oJ II 17 I" 14 II 40 141 20 2 400 Mesopotamia ? (1 / 31) 4 1 1 3 20 V Iwir-c.iK'wl / l*?^<i\ iviior.siiiiau \ i tO'ii 1 1 4 9 MOSSOUI \ I i DOJ 2 1 1 2 5 8 88 Mossoul (1758) i 8 Cel'alu (2154) 67 Total des tetradrachmes 3 288 1 48H 3 5 57 190 24 22-i 520 1 710 53o 15 476 Total tetra. hors 1664 0 HI 0 50 0 186 80 23 <>l 204 8"0 271 9 525 % du total du a 1664 100 71.87 100 88.42 100 6fi,6 40.8 4.2 5<>.4 50.7o 48 49.4 38,45 Total des tresors 1 21 1 15 1 3-1 23 5 19 27 38 14 50 I"- phicu.s 0 0 0 0 0 1 0 0 <> 2 17 1 [;H KI1 Kit 11J UK I) U Y II AT Tableau 10 Ce tableau regroupe tous les tresors du ive Siecle contenant des alexandres des ateliers represen- ted dans Damanhour et repertories dans JGCH. Pour bien faire, il aurait aussi fallu depouiller CM et les publications de tresors mais le temps a manque. Quelques precisions doivent etre donnees: - Seuls les alexandres des ateliers re presented dans Damanhour sont comptabilises alors que certains tresors contenaient d'autres monnaies on des alexandres d'autres ateliers posterieurs a 318. - Les alexandres con ten us dans ces tresors ne sont generalement pas decrits. Out done sans doute ete comptabilises des alexandres posterieurs a 318. ce qui pondere les conclusions tirees de ce tableau: elles contiennent une marge d'erreur sans doute non negligeable. - Si la serie des alexandres a la proue doit bien etre retiree a Amathonte et attribute a Soli (Troxeu. 1998), la representation de ces deux ateliers dans les tresors doit etre revue. Pour chaque atelier, ce tableau precise: - le nombre d'exemplaires connus clans chaque tresor (indique en gras quand cet atelier est le mieux represente du tresor). - Le nombre total de tetradrachmes connus par les tresors. Ex. Amphipolis: 2 659. - Le total des tetrad rachmes en dehors du tresor de Damanhour (/GCH 1664). Ex. Amphipolis: 654. - Le pourcentage du total que represente Damanhour. Ex. Amphipolis: 75,4% des tetrad rachmes thesaurises proviennent de Damanhour. - Le nombre de tresors dans lesquels I'atelier est represente. Ex. Amphipolis: 46 tresors. - Le nombre de tresors dans lesquels I'atelier est le mieux represente (1IV place). Ex. Amphipolis: 18 tresors. 40 I.'KVOLUTION LA CIRCULATION MONETAIRU I- N lUiYI'TL H li 1.1. V. N IS TI QU E I. Ateliers de provenance ties terradrachmes du rresor de Danianhour. HHtli Ell i QUE DUT11 AT 2. Tresors egyptiens de inonnaies d'arjienr 500-333. Les chiffrcs renvoienr a /GCH. L'K VOLUTION DE la CIRCULATION MONETAIIIE UN EGYPTE H el l e N I ST IQ vj E 3. Tresors cyyptiens de monnaies d'argent 333-300. Lcs chiffres renvoient a !GCH. 4. Tresors egypricns de monnaies d'urgent 300 av. notre ere - Sauf indication conrraire, les chiffres renvoient a IGCH. 10 de notre ere. VOLUTION DE LA C1 UC U I. ATI ON M ON ETA IIIG EN EGYPTE II E LLE N 1 ST1 Q U E 5. Tfesors cgyptiens dc monnaies de bronze ur-i" sieeles av, noire ere. Sauf indication contraire, les chiffres rcnvoienr a IGCH. Sommaire Ahmed A Ixl el-Fattah Preface.......................................................................................................................................................XI Frederique Duyrat et Olivier Pi card Introduction.............................................................................................................................................1 EPOQUE HELLENIST1QUE Helene Nicolet-Pierre Les monnaies en Egypte avant Alexandre.....................................................................................7 Frederique Duyrat Le tresor de Damanhour (/GCH 1664) et 1'evolution de la circulation monetaire en Egypte hellenistique......................................................................................................................17 Fabienne Burkhalter, Olivier Picard Le vocabulaire financier dans les papyrus et revolution des monnayages lagides en bronze...............................................................................................................................................53 Olivier Picard L'apport des monnaies des fouilles d'Alexandrie......................................................................81 Mona Shah in A Ptolemaic Bronze and Silver Hoard from Kom Trouga......................................................91 Francois de Callatay L'instauration par Ptolemee ll'r Soter d'une economic monetaire fermee .....................117 l'liXC !• ptiO N 1U V i' 1" i I. N N i: ? Catharine C. Lorber Development of Ptolemaic Bronze Coinage in Egypt...........................................................135 Katerina Chryssanthaki Les monnaies lagides en Egee.......................................................................................................159 Alain Davesne Les monnaies des premiers Ptolemecs en Asie Mineure et a Chypre..............................177 Leopold Migeotte Iasos et les Lagides............................................................................................................................189 Francois de Callatay Conclusions: Les monnayages depoque hellenistique........................................................205 EPOQUE ROMA1NE Fat ma Barakat GuOmiinzen im romischen Agypten..........................................................................................213 Philippe Andrieux, Philippe Fluzin, Valerie Pichot, Mourad el-Amouri, Olivier Picard Etudes experimentales et metallurgiques du moulage de monnaies en bronze de la fin de ['Empire romain.........................................................................................................225 Soheir Bakhoum Les monnayages alexandrins d'epoque imperiale: les eta pes de la publication.........253 Andrew Burnett The Imperial Coinage of Egypt in the First Century AD....................................................261 Erik Christiansen Coin Circulation in Roman Egypt before Diocletian's Currency Reform.....................279 Michel Amandry La diffusion des bronzes et billons alexandrins dans le monde romain......................285 Barbara Lichocka Bilan des decouvertes monetaires dans les fouilles polonaises d'Alexandrie...............299 Angel© Geissen La politique monetaire des Antonins........................................................................................313 SO M M A I U E Jean Andreau Le syst&me monetaire partiellement -ferine* de l'Egypre romaine..................................329 Samira Abd El-Raouf Abbas Some Overstruck Coins from the Time of Heraclius...........................................................339 Michel Amandry Conclusions: Les monnayages d'epoque romaine..................................................................359 Bi bI iogra phie genera Ie.................................................................................................................................363 Index.................................................................................................................................................................381 Table des planches........................................................................................................................................389
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